7 petites voix... c'est ce que la candidature d'Annecy 2018 est parvenue à récolter auprès des 95 membres du CIO. Si ça ce n'est pas une sévère déconvenue, ça y ressemble !

Charles Beigbeder - Président du Groupement d'intérêt public d'Annecy 2018
"On avait l'impression que notre message avait été perçu. On est surpris et extrêmement déçu par l'ampleur de la défaite, mais nous félicitons Pyeongchang. Il est trop tôt pour analyser quoi que ce soit."

Chantal Jouanno - Ministre des Sports
"C'est une déception pour tous les athlètes et les centaines de personnes qui ont porté cette candidature. C'est dur à encaisser pour le sport français, parce que le sport français ne mérite pas ça, mais on va apprendre de cette défaite. On n'a sans doute pas suffisamment appris des précédentes défaites. On va apprendre de celle-ci. On va clairement débriefer".

François Fillon - Premier Ministre
"Nous parlons chaque jour de l'émergence de l'Asie. C'est un immense continent qui aspire à participer au développement du monde, qui veut les premières places. Elle s'est battue avec beaucoup d'efficacité. C'était une compétition sportive. Dans une compétition, il y a des vainqueurs et d'autres qui ont fait des performances et qui n'ont pas remporté l'épreuve. Nous sommes de ceux là. Je veux féliciter l'équipe de France, et en particulier les jeunes athlètes, car ce sont eux qui porteront les projets futurs de la France."

Guy Drut - Membre français du Comité international olympique
"C'est la douche froide, vraiment la douche froide. J'avais toujours dit que ce serait très, très difficile. Après la présentation qui a été très bonne, où chacun a donné le meilleur de soi-même, on ne s'attendait pas à ça... En plus, on a eu les félicitations des gens du CIO et des gens qui sont tout autour. Cela veut dire que c'était écrit. Des tas de gens, des membres du CIO attendent une candidature française pour les Jeux d'été 2020, 2024. Cela appartient au président du Comité olympique français, et en priorité au président de la République française, mais il ne faut pas rester sur un échec."

Jean-Jack Queyranne - Président de la région Rhône-Alpes
"La Corée du Sud était largement favorite. Elle concourait pour la troisième fois et a ainsi eu le temps de prendre la mesure des enjeux et des défis à relever pour être désignée par le CIO. Le résultat d’Annecy n’est pas à la hauteur des efforts déployés et des espérances rassemblées. Je partage la déception de tous ceux qui se sont beaucoup investis et je veux leur dire que le travail accompli sera utile pour l’avenir. Mais force est de constater que les errements et le manque de stratégie du Comité de candidature ont plombé le projet."

Christian Estrosi - Maire de Nice
"Dans les semaines qui viennent, j'engagerai une consultation auprès des  principaux décideurs institutionnels, économiques et sportifs intéressés par l'Olympisme, sur l'opportunité d'une nouvelle candidature pour les Jeux Olympiques de 2022".

Marc-Antoine Jamet - Secrétaire général du groupe LVMH et membre de la délégation française
"Le patineur Gwendal Pezerat a été très bon et le freeskieur Kevin Rolland s'est montré stupéfiant de naturel, de jeunesse dans un anglais parfait. Le film de la France tourné avec dix fois moins d'argent tout comme le discours empreint de hauteur du Premier ministre François Fillon... C'était très solide mais les Coréens ont mis le paquet. Ils avaient pour eux leurs échecs pour les candidatures de 2010 et 2014. Annecy, c'était la candidature de l'émotion. Munich, celle de l'organisation toute allemande et la Corée du Sud avait pour elle le rapport de force. Et pourtant, plusieurs membres du CIO ont posé des questions dérangeantes comme lorsqu'ils ont interrogé le gouverneur de la province de Pyeongchang, lui demandant non sans perfidie s'il y a seulement de la neige sur les pentes de leurs collines... Les canons à neige, les millions de dollars investis par les Coréens et l'engagement de leur président en personne ont fini par convaincre."

Martin Fourcade - Biathlète français
"Je suis déçu, mais c’est le jeu. C’est une compétition. Il y a une grande déception dans le clan français. On tirera les conclusions un peu plus tard. On ne maîtrise pas tout de toute façon. C’est un peu le choc. Il y a des gens très déçus. Il faudra apprendre de cet échec pour la suite. A Durban, l’ambiance était bonne, tout le monde était derrière la candidature dans le clan français. Et je crois que ça na pas toujours été le cas. Il a manqué cette unité, le fait que tout le monde avance dans le même sens. Je ne sais pas si ça a pesé, mais si le résultat est si sévère, c’est que quelque chose n’a pas fonctionné. Pyeongchang va accueillir les Jeux d’hiver mais ce n’est pas un endroit qui a une culture de sports d’hiver. A eux de la créer. Ils vont créer les Jeux, comme à Sotchi. A la base, c’est un endroit où il n’y a pas grand-chose.  En fait, il y a plutôt une culture des sports de glace mais pas des sports de neige. Si le CIO leur a donné les Jeux, c’est qu’ils avaient quand même un bon dossier."