Partir pour revenir différents

Certains voyages changent votre vie de manière définitive. Vous êtes face à l’incertitude, vous savez que vous n’allez pas revenir identique mais vous vous dites que vous allez passer un cap, devenir meilleur. Et en ski ou en snowboard, ajoutez une petite touche de risque, de danger, de verticalité et vous avez l’excitation en prime.

Et c’est sûrement comme cela que les premiers participants à La Julbo White Session se sont rendus à La Grave il y a maintenant 10 jours.

Arriver dans l’inconnu, repartir en se connaissant mieux. Un voyage initiatique au pays du freeride, une fenêtre ouverte sur le meilleur que la montagne a à offrir en hiver. Et le tout au contact que quelques uns des meilleurs riders du monde.

Se qualifier alors que plus de 2000 personnes voulaient venir est déjà en soi un exploit.
Mais on ne parle pas là de performance, seulement d’expérience. Et c’est le but unique de la White Session: donner la chance à certains de vivre une expérience unique auprès des meilleurs, d’être la star du film Julbo et faire que le rêve devienne réalité.

Guillaume, pilote de ligne sur Air France, rencontré au fil de nos déplacements durant cette semaine. « Je n’arrive presque pas à y croire ! Ce matin je lisais un magazine de ski et un article sur Enak Gavaggio et ce soir, je bois une bière avec lui. c’est presque irréel !»
Alors imaginez comment Maud, Verena, Luc et Martin ont pu halluciner en skiant avec lui ! Et ajoutez à Enak, Thomas Diet, Géraldine Fasnacht, Antoine Montant, Patrick Vuagnat, Ophélie David et vous aurez 4 riders aux yeux émerveillés.

C'est justement le programme proposé à 17 gagnants. Passer une fin de semaine avec Thomas Diet, Enak Gavaggio entre autres, pour déterminer qui serait de la suite de la partie. Pour les sélectionneurs, le plus extraordinaire est que qu'ils n'ont presque rien eu à faire pour choisir les vainqueurs. Le choix était clair, limpide et évident.
  

Les 4 riders retenus

Le dimanche soir, les premiers jeux sont faits. Deux skieuses et deux skieurs seront de la partie.

Maud est la volontaire du groupe. Elle a annoncé la couleur directement en arrivant le vendredi soir. Sûre d’elle même mais aussi consciente de ses limites, elle a démontré sans trop en faire que ses capacités méritaient qu’on lui fasse confiance. Toujours souriante, enthousiaste, elle s’est montrée être une recrue idéale.

Verena est le diamant à polir. Elle est Allemande et vit littéralement pour le ski et le freeride. Elle n’a pas hésité à faire près de 1000 kms pour venir et se met un stress terrible pour être au niveau où elle même pense qu’elle doit être. A 20 ans tout juste, son geste est beau à voir et précis.

Luc a décidé qu’il serait de la partie. Conscient de son niveau, il sait que c’est une chance presque unique qui lui est offerte. Plus expérimenté que les autres, il aime le ski par dessus tout. Sa passion discrète est communicative, son niveau à ski lui permet d’entrevoir le très haut niveau en freeride.

Martin est le futur pro du lot. Moniteur stagiaire, son style instinctif et agressif font que les autres riders voient en lui quelqu’un qui plus tard sera une valeur sûre. Engagé, intéressé, discret, il a vécu cette Julbo White Session comme un déclic. Il était sûr de vouloir skier pour vivre. Il est maintenant totalement convaincu qu’il vivra pour skier.

Retour sur la semaine Julbo White Session

La vie d’un pro rider est faite de voyages planifiés et de déplacements pour chasser la neige. Et en cette saison atypique, rien de nouveau sous le soleil omniprésent. Il faut aller là où la neige est, le sud.

Matins très matinaux et trajets tourmentés, la Julbo White Session a élu son camp de base au pied de la Meije. Mais son rayon d’action est grand de plus de 200 kilomètres. Le métier de pro rider ne s’apprenant pas sous le sabot d’un cheval mais plutôt sous les cimes enneigées, un premier jour de calage sur les pentes de la Meije fut le menu des gagnants ainsi que des pros riders. Comment être beau devant l’oeil de la caméra, être juste sur le photo, comment se placer, comment comprendre les consignes de l’équipe de tournage.
Bref, comment devenir la star légitime d’un des films de freeride ?

Mardi, nous nous sommes dirigés vers Abriès et le Queyras où des champs de poudreuse encore vierge nous attendaient. La température monte un peu, il fait très très beau. Tout le monde est exténué le soir et je laisse la troupe dormir jusqu’à 8h00 le lendemain matin.

Mercredi, traversée de la Meije et couloir de la Rama au programme. Descente sur St Christophe, retard, taxi de mauvaise humeur. Mais très belle journée quand même. De mon côté, je chasse la poudreuse au téléphone toute la journée et trouve l’espoir sous la forme de...

L’Italie. Il a neigé fort là bas, Sestrières est sous une belle couche de neige mais nous poussons vers Pragelato (en occitan le Pré Gelé) et nous retrouvons dans un domaine avec 3 remontées mécaniques datant de l’avant guerre. Mais derrière la face A, les pistes damées, il y a la poudreuse, protégée du soleil ! La séance est longue, on filme le tout mais quelles images !

Vendredi sera la dernier jour mais nous ne le savons pas encore tout à fait. Antoine Montant fait son (chaud) show. Les corps sont fatigués, la météo pour le lendemain est catastrophique et déjà pointe la question fatidique: comment rentrer vers une vie normale après cela ? Comment reprendre son train-train quotidien ?
Pour certains ( Martin et Verena) c’est plus simple: ils skient tous les jours dans leur métier ou formation. Pour Luc et Maud, c’est plus compliqué. Ils se posent des questions quant à leur avenir professionnel.
On se sépare, on s’embrasse, on échange les adresses email. Samedi est venu sans crier gare.

La vallée de L’Oisans est pleine de voiture rentrant chez elles. Quel contraste avec ce que la Julbo White Session nous a offert ! Et le contre à rebours a déjà commencé pour se retrouver dans un an, dans un autre endroit, de nouveau ensemble pour vivre l’aventure avec un grand coeur.