Skier en famille, se faufiler entre les sapins, sauter une bosse, manger sur une terrasse ensoleillée, tomber dans la poudreuse, s’offrir une godille sur une neige douce, se retrouver sur le télésiège pour s’imprégner des paysages. C’est ce que vous allez faire pendant les vacances à la neige!

Et le petit dernier, le pitchounet de trois ans, que devient-il dans l’histoire ? C’est décidé, il va prendre des cours de ski pour s’amuser et plus tard partager avec ses frères et soeurs le bonheur de la glisse. Ce dossier en deux parties est pour lui, pour vous. Il contient des réponses à des questions concrètes pour débuter le ski dans les meilleures conditions.

   

Avant de chausser, ce qu’il faut savoir sur les enfants

De trois à 12 ans, les kids ont un développement physiologique, psychologique et moteur que l’on peut diviser en trois phases selon l’âge (voir ci-dessous). A chaque âge correspond des difficultés mais aussi des possibilités d’apprentissage très distinctes. Pour y voir un peu plus clair, voici les (très) grandes lignes de ce que l’on appelle les petite, moyenne et grande enfance.

Pour l’obtention de leur diplôme, les moniteurs de ski suivent une formation poussée où l’apprentissage technique est largement complété par des cours sur la psychologie, la physiologie et la motricité des enfants. Parce qu’aucun enfant ne ressemble à un autre, parce qu’on ne peut pas appliquer les mêmes recettes à tous, il faut, comme chaque fois lorsqu’on a affaire à une personne, établir des règles mais aussi prendre en compte les exceptions. Conscient des différences de chacun, les moniteurs utilisent une classification pour appréhender les différentes caractéristiques de développement de l’enfant.

A chaque phase correspond un fonctionnement et un développement physiologique qui ont des répercussions sur l’enseignement. Ce sont, bien entendu, des grands traits et un enfant peut être en retard à une période et rattraper plus tard certaines lacunes, donc, gare aux verdicts catastrophistes (du style : il vient de louper son étoile…) et souvenons-nous que l’enfant avance à sa propre vitesse.

   

Les petits skieurs de moins de cinq ans

Physiologiquement, c’est une période où l’enfant grandit vite, où il gagne rapidement du poids. Il présente d’assez fréquentes périodes de fatigue. Il faut donc veiller à ce que ses phases de sommeil soient respectées. Ce n’est pas forcément facile à respecter quand on se retrouve en famille dans un studio de station dans une ambiance de vacances. Entre le bruit des frères et des soeurs, l’exiguïté de l’appartement, l’altitude, le sommeil devient parfois une chose précieuse à trouver.

Le squelette est souple et les os sont fragiles, attention aux chocs apparemment bénins car ils peuvent provoquer des fractures. C’est le moment d’acquérir les bonnes habitudes et d’équiper le jeune skieur d’un casque.

Le tronc est allongé et les jambes sont proportionnellement courtes, les mouvements se font avec une relative lenteur. L’enfant à cet âge s’essouffle très rapidement, il ne faut pas lui demander d’effectuer de longs déplacements à plat ou à la montée. Les pauses devront être nombreuses et l’utilisation rapide du téléski est particulièrement conseillée pour limiter les dépenses physiques et augmenter le plaisir.

Si l’adulte peut encaisser des écarts de températures assez grands, ce n’est pas le cas de l’enfant qui possède un pouvoir de thermo-régulation limité : les habits que l’on met et enlève au grès des fluctuations du thermomètre pallient le manque d’adaptation mais nécessitent parfois de nombreuses et fastidieuses manipulations vestimentaires. 

Psychologiquement, un enfant ne raisonne pas comme un adulte, CQFD ! C’est une porte enfoncée mais on a tous vu des parents s’époumoner au bord d’une piste à force de conseils techniques. Les manuels sont formels, à cet âge, inutile de décrire ou d’expliquer un mouvement, mieux vaux le montrer et mettre en avant le but à atteindre : on va aller là-bas vers l’igloo. Si sa pensée se construit avec les contacts qu’il peut avoir avec autrui, l’enfant considère ses parents comme l’axe principal de sa vie. C’est à eux de montrer l’intérêt qu’il y a à skier, c’est en tout cas d’eux que vient l’idée de skier. L’adulte, en l’occurrence le moniteur, doit être très présent et faire bien entendu preuve de patience et d’affection : donner la main et parler avec l’enfant devient alors aussi important que de lui fournir de bonnes chaussures !

D’un point de vue moteur, l’enfant vers trois ans n’est pas très bien coordonné, le matériel mis à sa disposition dans le jardin, par exemple, doit lui permettre de matérialiser un passage : piquets de couleur, figurines, peinture au sol. Dans tous les cas, il faut appliquer une règle d’or qui vaut pour tous les âges mais spécialement pour les enfants : le ski doit rester un jeu !

   

Les skieurs entre cinq et huit ans

Physiologiquement, l’enfant a toujours des muscles peu développés et une grande laxité articulaire. Ce n’est pas encore l’âge de la force d’autant plus que l’appareil cardio-pulmonaire est encore limité. Malheureusement, l’enfant jusqu’à huit ans a du mal à doser son effort, il faut donc rester très vigilant à ses phases de repos.

Psychologiquement, il est d’une attention limitée voire turbulent et recherche un détachement du monde des adultes. Il faut tout le talent du moniteur pour attirer son attention et faire en sorte de ne pas noyer le jeune skieur par un flot d’explications techniques. L’enfant a la bougeotte, le besoin de mouvement est impérieux. C’est le début d’une période faste pour apprendre un maximum d’habiletés motrices au travers du jeu. L’adresse, l’équilibre sont des mots qui reviennent dans les orientations pédagogiques fixées par le moniteur.

L’enfant est aidé par un développement important du système nerveux qui permet l’acquisition de mouvements et une certaine coordination. Les techniques élémentaires du ski sont acquises dans la moyenne enfance. Les mises en situation organisées par le moniteur doivent être variées pour ne pas lasser l’enfant mais elles doivent être aussi simples pour correspondre à ses capacités. Il faut signaler ici que la force musculaire n’est toujours pas présente et que par conséquent, il y a limitation dans la réalisation de certains mouvements. 

  

Le ski entre neuf et douze ans

Les transformations physiologiques touchent les membres inférieurs qui s’allongent. La souplesse musculaire est grande. Le tonus général est peu développé et le squelette encore fragile et toujours sujet aux fractures. Au chapitre de la fragilité, on note également des capacités limitées au niveau de l’endurance.

Psychologiquement, l’enfant a franchi un cap, sa capacité d’analyse devient efficiente et le jeune skieur souhaite faire comme l’adulte. Les relations de cause à effet sont intégrées et les explications plus techniques ont leur place dans un cours. L’enfant veut bien faire et l’on peut observer l’apparition d’un désir de compétition. En tout état de cause, il est très sensible aux notions de justice et d’initiative, c’est au moniteur de fixer des règles et de les faire respecter.

Du point de vue moteur, c’est l’âge idéal pour engranger le maximum d’expériences grâce à un système nerveux bien développé qui permet désormais une bonne coordination et une certaine adresse. La capacité d’attention est en outre plus grande et l’on peut être plus exigeant quand au résultat. Des mouvements plus complexes peuvent être envisagés ainsi que des automatismes. La période de la grande enfance est clairement identifiée comme étant idéale pour les acquisitions de toutes sorte et notamment sportives.

A lire aussi, notre dossier consacré au choix du matériel de ski pour les enfants...