Le prix de l'équipement est clairement un frein à la pratique du ski, une pratique qui est redevenue élitiste. Un bon ski pour progresser coûte environ 300 euros (sans les fixations) alors qu'un modèle haut de gamme pour bon skieur vaut plus de 600 euros (toujours sans les fixations). On le voit, pour s'équiper correctement, il faut jouer dans la catégorie "fortuné". Bien entendu, ces prix s'entendent hors soldes ou packages de vente "fixations fournies".

L'autre solution consiste à orienter son achat sur les premiers prix d'entrée de gamme, il faut bien reconnaître qu'à ce niveau de tarif, les prestations offertes peuvent contenter un skieur débutant mais pas un glisseur plus pointu qui trouvera les skis trop souples et peu accrocheurs. Autre phénomène qui vient grever un budget, la vente d'ensembles indissociables skis/fixations. Certaines marques ont développé des skis vendus obligatoirement avec un seul type de fixations totalement solidaires de ce type de modèle. Il s'agit d'interfaces techniques présentes sur quelques modèles haut de gamme. Leur prix ? Plus de 700 euros pour certains ensembles.

  

Le cœur des skis

On choisit toujours ses skis parce qu'ils sont beaux, ont une forme efficace ou que le prix ne fait pas trop crier le porte monnaie. Qui demande ce qu'ils ont dans le ventre ? Avec la ligne de côtes, c'est pourtant là une information essentielle. Il faut dire que les fiches techniques des marques brouillent un peu les cartes en annonçant des matériaux aux noms sybillins qui n'informent guère l'acheteur. Les matériaux employés dans la fabrication d'un ski sont en effet nombreux et complexes dans leur composition.

Mais pour clarifier les choses, on peut distinguer deux grandes familles de skis suivant le contenu du noyau, la partie clef d'une paire de planches. Historiquement, les skis ont été fabriqués avec du bois, avec des troncs débités près de chez nous (sapin, hêtre…) ou plus exotiques (oukoumé…). Concevoir des skis était donc un travail de menuisier où la scie et le rabot entraient en jeu. Avec l'avènement des matières synthétiques, de nouveaux matériaux ont été employés. Le menuisier a cédé la place au chimiste. Les noyaux, l'âme du ski, sont devenus des morceaux de mousse très dure avec des caractéristiques mécaniques très pointue.

  

Du bois et du synthétique

Il y a donc des skis à noyau bois et synthétiques. Les meilleurs skis ont encore des âmes en bois, c'est le cas de la plupart des modèles de compétition qui demandent un comportement de très haut niveau (quoique, certains skis de slalom sont conçus autour d’une âme en mousse). D'autres modèles généralement réservés aux bons skieurs adoptent aussi le bois car cette matière vieilli mieux dans le temps et s'avère globalement plus solide. Les skieurs à gros gabarits, les très bons glisseurs, les professionnels qui sont toujours sur la neige comme les pisteurs secouristes privilégient donc le bois.

Les noyaux synthétiques se partagent le reste des skis. Les moyen de gamme, les juniors, les skis plus souples ont généralement un noyau issu des éprouvettes. Le vieillissement est moins bon qu'avec le bois. En cas d'utilisation régulière, le ski perd rapidement de son nerf, ses qualités dynamiques s'épuisent et se traduisent par un ski tout mou.
Bien entendu, dans les faits, les choses se sont un peu compliquées avec des noyaux bois qui ont su se faire moins techniques et moins chers et du synthétique qui a fortement progressé pour se rapprocher des caractéristiques de nos bons vieux arbres. Mais poser la question sur la composition du noyau d'un ski peut aider à faire son choix lors de l'achat. On comprend mieux pourquoi un modèle coûte plusieurs centaines d’euros de plus qu'un autre alors qu'ils se ressemblent extérieurement comme deux goûtes d'eau…     

 

Le ski décrypté

Explication du vocabulaire technique du ski

La spatule
Elle peut être en plastique rapporté (clipsée sur la structure du ski) ou mieux faire partie intégrante du ski. Elle sert bien entendu à s'affranchir des aspérités du terrain mais aussi à amorcer le virage. Une spatule peut être très relevée en freeride et plutôt basse pour une utilisation piste. Les carres de la spatule ne doivent pas être affûtées.

Le patin
C'est la zone comprise sous la chaussure. Le patin sert à transmettre les appuis du skieur aux carres pour une meilleure accroche. C'est essentiellement les carres de la zone du patin qui doivent être affûtées. Un patin peut être plus ou moins large. Un patin fin passera moins bien en poudreuse qu'un patin important qui assurera une réelle portance au skieur.

Le talon
C'est l'arrière du ski. Cette partie sert à boucler la courbe. En fin de virage, le skieur vient en appui sur cette zone qui doit donner de l'énergie au skieur pour se lancer dans le virage suivant. Certains skis possèdent des talons très peu marqués, ils sont généralement réservés à des skieurs moyens qui veulent avoir l'assurance de déraper doucement en fin de virage, on parle alors de talon en Y, ou pintail.

Le cap ou le sandwich
La plupart des skis actuels possèdent une coque en fibre synthétique qui courre d'une carre à l'autre, on parle de "cap". Le dessus du ski adopte des formes travaillées, voire complexes. Les skis en sandwich sont réservés aux skis de compétition et à certains modèles pour bons skieurs, ils se reconnaissent à leurs chants verticaux. La tendance actuelle est un retour vers les skis à chants droits.

La plate-forme
De plus en plus souvent, les fabricants rajoutent entre le ski et la fixation une plaque en plastique ou métallique (plus rare). On peste souvent contre le poids que cette interface rajoutée mais on sait rarement quelle utilité elle a. Selon les modèles, elle sert à amortir les vibrations pour une meilleure tenue sur neige dure, à surélever le skieur pour qu'il ait un angle de prise de carres plus grand afin que le flanc de la chaussure ne touche pas la neige. La plupart de ces plate-formes respectent la flexion du ski sous le pied : quand le ski se plie, il se déforme aussi sous la chaussure alors que ce n'est pas le cas quand la plaque est fermement vissée. Dans les virages, le ski suit alors sa courbure naturelle.    

Les carres
Ces minces bandes d'acier doivent être entretenues très régulièrement. A peine usées et c'est le comportement général des skis qui est radicalement changé, un peu comme un train de pneu usé… Les skis doivent être stockés dans un endroit sec et hors de la housse à skis où la vapeur d'eau condensée les fait rouiller. Attention également à la neige mélangée à un peu de sel provenant d'une route (devant l'école de ski par exemple…), c'est redoutable pour les carres. Les carres d'une paire de skis de location sont plus larges que celles d'un ski traditionnel car ils sont entretenus régulièrement et doivent avoir plus de matière pour résister au ponçage.

La semelle
Les semelles de ski sont aujourd'hui de haute technologie dans le sens où elles assurent une glisse qui aurait fait baver n'importe quel skieur des années 60. Leur structure leur permet de s'imprégner de fart pour améliorer encore leur efficacité. Une semelle qui "peluche", qui est très blanche en surface nécessite un bon fartage. Inutile de dire que cette surface est fragile et qu'elle mérite toute l'attention du skieur : éviter de toucher des pierres et entretien régulier. A savoir : une semelle abîmée peut être refaite par un professionnel pour une somme peu importante.