Choisir ses chaussures de ski peut s’avérer être un vrai casse-tête. Chaque pied a ses spécificités, or, les chaussures de ski proposées par les marques sont censées convenir au plus grand nombre.
Pour faire le bon choix et ne pas le regretter une fois sur les skis, il est primordial de s’adresser à un professionnel qui étudiera la morphologie de votre pied et vous aiguillera vers un modèle adapté.

C’est précisément le travail de Paul Bravais, expert « bootfitter » à Val d’Isère. Il nous explique quelles sont les bases à respecter quand on veut s’acheter des chaussures de ski.

 

Pointure et volume sont les maîtres mots de la chaussure de ski


Cela peut paraître évident, mais le premier critère, c’est la pointure ! « Les gens choisissent très souvent une chaussure trop grande. Il est important de bien mesurer son pied, en longueur, mais aussi en largeur. Et de garder en tête que le chausson perd entre 30 à 40 % de son volume dès les 10 premiers jours de ski ! » nous rappelle Paul Bravais.

Le volume est tout aussi important : un pied fin dans une chaussure « large », c’est très inconfortable : le pied bouge et on perd en précision. « C’est pour cette raison qu’il est important de s’adresser à un professionnel en magasin, qui saura vous conseiller en fonction de la morphologie de votre pied, et le mesurer précisément. »

Outre le pied, de nombreux éléments rentrent en ligne de compte : un coup de pied particulièrement haut (ou bas), des problèmes de cheville ou de tendon d’Achille, des mollets très développés, etc... N’hésitez pas à garder les chaussures assez longtemps au pied dans le magasin, 20 à 30 minutes par exemple, et ne les prenez pas si vous ressentez la moindre douleur.

 

Le choix du flex est lié au niveau de ski


C’est le niveau de ski qui va déterminer le flex, la rigidité de votre chaussure. Paul Bravais insiste particulièrement là-dessus : « Si un skieur de compétition a réellement besoin d’un flex de 130, ce n’est absolument pas le cas d’un freeskieur, ou pire, d'un skieur de niveau intermédiaire ou de petit gabarit. Un flex rigide nécessite de la puissance et une technique infaillible : cela est un handicap supplémentaire pour un skieur occasionnel, il lui sera plus difficile de bien skier qu’avec un flex moyen. »

De manière générale, un flex de 60 à 80 est conseillé pour des skieurs intermédiaires, alors que le 90-110 s’adresse à des skieurs confirmés, 90 paraissant suffisant pour une utilisation hors piste ou freestyle. Dès 120, on laisse cette chaussure aux compétiteurs.

Si vous êtes un skieur occasionnel de niveau moyen, ne basez pas votre choix sur la précision et la performance, mais bien davantage sur le confort : les chaussures du marché actuel sont suffisamment performantes pour du ski loisir.

 

Carving, Freestyle, Freeride, Rando ?


Posez-vous la question de vos habitudes : inutile par exemple, de choisir des chaussures de rando si vous plafonnez à deux sorties par an, car sur piste, vous risquez de regretter votre choix.

Privilégiez des chaussures polyvalentes si vous touchez à toutes les facettes du ski : de bonnes chaussures « freeride » semblent être un bon compromis.

Attention aux chaussures de freestyle très souples, qui apparaissent parfois comme un gage de confort, alors que leur usage est exclusif au park.

 

Les chaussures spécifiques « femmes » sont-elles conseillées pour les filles ?


Laurie Fayard, chef de projet de la gamme féminine de Rossignol, nous a expliqué que « les femmes ont un mollet plus bas, et des talons plus étroits. Nous avons donc amélioré le pincement de talon pour qu’il soit plus ajusté, et adapté le haut du chausson en V, pour qu’il ne leur comprime pas le mollet. »

Le chausson est souvent plus douillet, avec de la fausse fourrure pour la chaleur, et les marques travaillent à rendre les chaussures féminines moins lourdes. Pour finir, les meilleures chaussures femmes sont suffisamment techniques et performantes pour convenir aux plus expertes. C’est donc un choix judicieux.

 

Encore plus de confort avec les semelles thermoformables et le boot fitting ?


« C’est un plus non négligeable, et selon le type de pied, cela peut être indispensable. Les semelles thermoformées permettent au pied d’avoir un placement, un alignement parfait. On élimine ainsi les points durs, on gagne en confort et en précision » nous explique Paul.

En 2014, avoir mal aux pieds n’est plus une fatalité, chaque problème a sa solution. Le boot fitting permet de travailler les chaussures de ski pour les adapter à 100 % aux pieds de leur propriétaire : « On peut pousser la coque à un endroit, la déformer à un autre, adapter le chausson... Il ne faut pas rester avec des douleurs, on peut toujours trouver une solution » insiste notre expert.

 

Derniers conseils pour choisir votre prochaine paire de chaussures de ski


Pour bien choisir ses chaussures de ski, il faut prendre son temps, et ne pas hésiter à y mettre le prix : il est primordial de s’offrir LES chaussures qui conviennent à ses pieds.

Il peut être risqué d’attendre les soldes de fin de saison, car le choix des tailles et des modèles devient plus restreint et risque de vous contraindre à un achat « par défaut ». Enfin, certains magasins de station vous proposent d’essayer « sur les skis » les chaussures que vous comptez acheter : n’hésitez pas, c’est le meilleur moyen de savoir si elles vous conviennent.