Un point sur la sécurité hors piste apparaît indispensable après les chutes de neige abondantes des derniers jours. Si l’importance de l’équipement Arva-Pelle-Sonde est communément admise, il est essentiel de revenir sur leur choix, leur utilisation et tout ce qui gravite autour.

Il suffit d’avancer un seul chiffre pour vous convaincre de l’importance cruciale de ce fameux tryptique : on estime qu’il subsiste 91 % de chances de survie après un ensevelissement entre 0 et 15 minutes, les chances se réduisant de moitié au-delà, puis de plus en plus rapidement. Il est donc primordial d’agir rapidement, et donc de posséder tout le matériel et l’entraînement nécessaires pour dégager la victime le plus tôt possible. En effet, il est très difficile pour les secouristes d’arriver en moins d’un quart d’heure, entre le temps d’alerte, de départ, et de trajet.

 

L’Arva est désormais appelé DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanche)


ARVA étant maintenant une marque déposée, on privilégie l'utilisation du terme DVA.
Le principe est simple : un skieur enseveli, porteur d’un DVA en émission peut être localisé de façon autonome par un autre skieur équipé lui aussi d’un DVA (qu’il basculera en mode recherche pour débuter la localisation.)
Tous les DVA communiquent entre eux en émettant des signaux sur une fréquence de 457 kHz. Un appareil en émission est ainsi facilement repéré par un appareil en mode recherche, quels que soient la marque ou le modèle de celui-ci.

 

Comment choisir son DVA ?


Il existe plusieurs sortes d’appareils, pour tous les budgets. Si vous souhaitez acheter un DVA, choisissez un modèle nouvelle génération, numérique : il en existe d’assez bons marchés et ils sont plus simples d’utilisation que les anciens analogiques.

De nombreux modèles sont désormais équipés de 3 ou même 4 antennes : cela permet une localisation plus efficace, et donc plus de fiabilité et de sécurité qu’avec une seule antenne.

> Si vous skiez hors piste de façon occasionnelle, il faut privilégier la simplicité d’utilisation : le Tracker (BCA) est ultra simple et très fiable. Sinon, l’EVO3 (ARVA) a été la référence du marché pendant des années grâce à sa simplicité et sa fiabilité.

> Si vous passez beaucoup de temps hors piste, il vous faut un DVA complet, efficace en multi victimes. Le Pulse Barryvox (Mammut) est une valeur sûre, avec ses 3 antennes et son interface claire et visuelle. Le 3+ d’Ortovox peut aussi être une bonne option.

> Pour les professionnels, le must est sans aucun doute le très complet Pieps Vector, qui compte 4 antennes, et intègre un GPS.

  

Savoir se servir de son DVA...


Il est aussi important d’être entraîné à l’utilisation d’un DVA que d’en posséder un. Car même l’appareil le plus simple requiert un peu d’expérience : d’autant que dans la panique, on a parfois du mal à s’y retrouver. Le mieux est donc de s’entraîner entre amis.

Tout d’abord, choisissez une zone enneigée de taille moyenne (50 m sur 50 m). Pour débuter, et comprendre la méthode de recherche, placez assez loin un DVA visible, et essayez d’arriver jusqu’à lui en vous fiant aux indications de votre appareil. Une fois que vous avez compris la méthode et que vous vous êtes familiarisés avec les réactions et les informations de votre DVA, demandez à un ami de cacher dans la neige un sac à dos dans lequel se trouve un DVA en émission, puis cherchez-le, suivant la même méthode. Entraînez-vous plusieurs fois et ensuite très régulièrement tout au long de la saison pour être le plus rapide possible.

Si vous préférez faire une recherche encadrée, l’Anena (Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches) propose des séances dès 25 € la demi-journée (renseignements et insciptions sur le site de l'Anena)

NB: Quand vous partez hors piste, vérifiez que chacun a allumé son DVA et que tous fonctionnent en faisant un double test d’émission/réception.

 

Pelle et Sonde, les inséparables alliés du DVA


Il ne suffit pas de localiser la personne enfouie pour la sauver : il faut pouvoir la dégager en moins de 15 minutes !
Sans pelle et sans sonde, c’est donc mission impossible, et compter sur les secours pour arriver en moins d’un quart d’heure est aléatoire. Chaque membre du groupe doit donc être équipé d’un DVA et d’un sac à dos comprenant une pelle et une sonde. Là encore, il faut savoir s’en servir, et donc s’entraîner à sonder et à pelleter (lire les 2 articles consacrés à ce sujet sur http://www.montagne-secu.com)

N’oubliez jamais que tout cet équipement n’est qu’une aide au secours en avalanche et ne doit en aucun cas vous inciter à prendre plus de risques. La connaissance du manteau neigeux, du terrain, la lecture du bulletin d’avalanche, mais aussi l’expérience et la prudence sont indispensables pour skier intelligemment hors piste. Comprendre le risque et prendre les bonnes décisions est très important : l’Anena y consacre une rubrique très intéressante sur son site web.

 

Profitez bien de la neige et soyez prudents !