Ils sécurisent les domaines skiables et interviennent en cas d'accidents de ski... Découverte d'un métier pas tout à fait comme les autres : celui de pisteur secouriste.

Chaque hiver, les stations de ski françaises embauchent environ 2500 pisteurs secouristes. L’activité de ce secouriste repose sur trois missions : l’entretien, la prévention et bien entendu le secours. Cette dernière mission ne représente guère que… 5% du travail. Pourquoi ? Parce qu’un immense travail en amont a été assuré. Retour sur un métier pas tout à fait comme les autres…

  

40 000 secours par an effectués sur les pistes de ski par les pisteurs secouristes


Sur les pistes de ski, ce sont des milliers de personnes par jour qui se croisent et se décroisent dans l’anarchie souvent… la plus totale ! Vitesse excessive, contrôle approximatif des trajectoires, surestimation joyeuse du niveau de ski… Tenez, c’est un peu comme si l’autoroute devenait soudain à double sens avec des voitures arrêtées en plein milieu du macadam !

Cependant sur l’ensemble des 300 stations françaises, les pisteurs-secouristes ne procèdent chaque année qu’à environ 40 000 interventions. Les collisions contrairement à l’idée reçue ne représentent que 5% des accidents, ce qui est finalement très peu compte tenu de l’intensité du trafic !

L’Association Nationale des Directeurs de Pistes et de la Sécurité rappelle même que ce chiffre n’augmente pas au fil des années malgré la hausse de la fréquentation. Si cet équilibre est possible, c’est grâce au travail de prévention réalisé en amont par le service des pistes.

Pour résumer, notre pisteur passe en effet plus de temps avec une pelle et une pioche qu’à secourir une belle skieuse et/ou un beau skieur en détresse !

Ce fameux travail en amont commence tout d’abord par l’affichage des règles de conduite visibles dans toute la station. Difficile d’y échapper à moins d’être hostile à toute forme de recommandation !

  

Sécuriser de domaine skiable : un travail de titans !


Le balisage au fil des années est devenu l’un des plus gros chantiers d’un service des pistes. L’installation de kilomètres de cordes, de centaines de panneaux, de jalons, de drapeaux et de filets de protection de toute sorte n’est pas une sinécure et mobilise des dizaines d’hommes pendant des semaines.
Pour protéger ses pistes des avalanches, une station importante comme l’Alpe d’Huez par exemple possède 91 Gazex, 10 Catex et 3 avalancheurs*.  

Le métier au fil des années est devenu très diversifié et plutôt complexe. Monter les gens en haut de la montagne, c’est une chose, mais les faire descendre dans des conditions de sécurité et de plaisir optimales, c’en est une autre ! C’est cela la tache du pisteur, mission ô combien délicate quand des centaines de skieurs, les spatules frémissantes, attendent leur feu vert !

  

Les pisteurs secouristes : Des skieurs triés sur le volet.


Saviez-vous que le temps d’intervention d’un pisteur sitôt l’alerte donné n’excède pas cinq minutes ? Pour arriver à cette étonnante promptitude, les pisteurs sont des skieurs triés sur le volet. Il ne suffit pas pour prétendre à exercer cette profession être un bon secouriste et tenir à peu près sur des skis. Ce n’est pas suffisant. Et c’est aussi un peu plus compliqué.

Avant d’être secouriste, le pisteur doit être skieur et montagnard et réussir à concilier tout cela !
Le pisteur doit être capable d’intervenir très vite quel que soit la qualité de neige : poudreuse, glace, peu importe ! Rien ne doit entraver sa progression. Pour compliquer le tout, il ne se déplace jamais les mains vides : un sac à dos rempli de tout le nécessaire est de rigueur, mais il pourra être bien plus lourd : matelas coquille, bouteilles d’oxygène… Il lui faut donc une condition physique irréprochable.  

Le pisteur, super héros ? Peut-être pas car il n’a ni cape, ni super pouvoirs… Mais le cœur y est !

 

Comment devenir pisteur-secouriste ?


Les prérequis :

1. être âgé d'au moins 18 ans
2. être titulaire de l’AFPS(attestation de formation aux premiers secours) et du CFAPSE (certificat de formation aux premiers secours en équipe).
3. Obtenir la flèche de vermeil (temps défini en fonction d’un ouvreur dans un slalom géant).

Le niveau à ski sera évalué lors du Test Technique, gros écueil pour les candidats. Chaque session accueille environ 200 personnes pour seulement une quinzaine sélectionnées. Le jury composé de pisteurs et de directeurs de pistes évalue l’efficacité, l’aisance en ski du candidat jugeant ainsi de son aptitude à exercer. Il s'ensuivra une formation de trois semaines pour décrocher le brevet national de pisteur-secouriste premier degré.

Pisteur deuxième degré :

Après une période d’activité, le pisteur passe son deuxième degré et aura des connaissances encore plus pointues en neige et avalanche. Stade ultime, le troisième degré est nécessaire pour diriger un service des pistes.

Pisteur artificier, maitre-chien d’avalanches…

Parallèlement, le pisteur peut devenir artificier, pour apprendre à déclencher les avalanches à l’aide d’explosifs. La formation est assurée par l’ANENA, Association Nationale de l’Étude de la Neige et des Avalanches à Grenoble. D’autres deviendront maitres-chiens «Un chien d’avalanche sans son maître n’est qu’un chien parmi tant d’autres. De même qu’un maître-chien sans son chien n’est qu’un être humain ordinaire parmi tant d’autres» explique Philippe Muller, pisteur secouriste et maître-chien à l’Alpe d’Huez. Sa disponibilité est totale pour se rendre n’importe quand sur le lieu d’une avalanche. Cette spécialisation est vraiment une vocation forte.
Il existe en France environ 180 équipes cynotechniques spécialisées pour la recherche de victimes d’avalanches. La majorité est basée dans les Alpes, une trentaine dans les Pyrénées, 6 dans le Massif Central, une dans les Vosges.

Et le salaire ?

Malgré des revendications, et même des mouvements de grèves vite avortés, le salaire des pisteurs n’est certainement pas à la hauteur des risques encourus et des compétences requises.
Un débutant gagnera le SMIC avec une progression très lente. Un « ancien » plafonne autour de 2300 € bruts.


www.anps.asso.fr
est le site de l’association nationale des pisteurs secouristes, indispensable pour en savoir plus.