Après une hiver 2013 calamiteux Swiss Ski était dans l'obligation de procéder à de gros changements. Jamais depuis la création de la coupe du monde à la fin des années 1960, une équipe masculine Suisse n'avait terminé aussi loin des meilleures. 

Durant toute la saison les meilleurs Helvètes ont pour la plupart terminé dans les profondeurs des classements, sauf quelques trop rares performances. 
 
La retraite de Didier Cuche et la grave blessure de Beat Feuz ont bien sur pesé dans la balance mais cela était loin de tout expliquer. Le mal est bien plus profond et il faudra beaucoup de travail et de patience pour revoir une équipe masculine régulièrement sur les podiums.
 
C'est la mission confiée par Swiss Ski au duo Autrichien Rudi Huber, nommé chef alpin, et à son compatriote Walter Hlebayna, nommé entraineur en chef.
 
Comment le duo va t'il s'y prendre ? Eléments de réponses données par Rudi Huber à Swiss Ski.
 
"Il s’agit tout d’abord d’analyser la situation en profondeur et de recueillir un maximum d’informations. J’ai déjà mené quelques entretiens avec les athlètes, les entraîneurs et les coaches et en organiserai encore de nombreux autres. Il faut identifier les problèmes pour pouvoir modifier et améliorer certains points du système. Au terme de cette saison, il n’est pas question de déclarer que tout était « mauvais » et de tout changer. Il est beaucoup plus important de ramener le calme et de procurer de la stabilité aux athlètes. Les athlètes ont besoin qu’on leur témoigne de la confiance et d’être convaincus que nous faisons ce qui est bien. Un athlète ne peut avoir du succès que lorsqu’il sent qu’il est dans le meilleur des environnements. Et s’il a du succès, alors nous aussi nous allons bien." explique l'Autrichien Huber qui avait notamment travaillé avec Hermann Maier et Renate Goetschl.

Quelles sont les problêmes rencontrés cet hiver par les skieurs Suisses ?

"Les problèmes se situent à différents niveaux et varient d’un sportif à l’autre. Chez l’un, ce sont des difficultés d’ordre technique, chez l’autre cela se passe au niveau du mental, tandis qu’un autre encore n’est pas au top de sa condition physique. Nous devons remettre de l’ordre dans tout cela."

Comment les résoudre?

"Il serait peut-être bon que je choisisse certains athlètes et m’entretienne avec eux. Je ne suis pas autant engagé dans les tâches quotidiennes que le chef entraîneur qui doit s’occuper d’une équipe entière. Je vais utiliser mon temps de façon ciblée pour conduire ces entretiens individuels. De par mon expérience et mon passé, j’ai une bonne idée de ce que pensent les athlètes. Je peux donc essayer de les aider à partir de là."

Les jeunes Suisses brillent souvent en coupe d'Europe mais le passage en coupe du monde est compliqué, que faire  pour réussir ?

"Je fonde de grands espoirs en Walter Hlebayna. Il a passé quelques années en Autriche à travailler tout particulièrement sur ce moment de transition, à la croisée des chemins. Sa mission consistait notamment à coacher des skieurs de Coupe d’Europe pour les conduire en Coupe du monde. Hans Flatscher, Walter et moi-même allons œuvrer côte à côte pour optimiser le système sur ce point. Il faut également analyser pourquoi il y a toujours des skieurs qui s’arrêtent en court de route, et n’accomplissent donc pas leur parcours jusqu’à l’élite, ou ne le font que bien plus tardivement."

Peut-on déjà parler des objectifs pour l’hiver prochain ?

"D’ici là, il va falloir travailler de façon optimale. Nous devons fournir des conditions idéales aux athlètes. Ceux-ci doivent avoir le sentiment que Swiss-Ski a tout mis en œuvre pour qu’ils puissent gagner. Si nous y parvenons, les athlètes auront l’esprit libre et les résultats suivront. Et si Beat Feuz et Carlo Janka retrouvent la forme, l’avenir paraît déjà à nouveau plus radieux. Nous mettons tout en œuvre pour obtenir de bons résultats déjà à Sotchi, cela va sans dire."

Pour lire l'intégralité de l'interview de Rudi Huber accordé à Swiss Ski, cliquez ICI