Difficultés financières, évolution climatique, certaines petites stations sont dans une situation délicate. Elles se battent et réussissent encore, pour la plupart, à éviter une fermeture définitive. Mais quel est leur avenir ?

  

Un budget difficile à équilibrer pour les petites stations de ski


Seuls 10% des Français partent skier durant les vacances d'hiver, et le marché du ski est considéré comme mature : la fréquentation progresse lentement. Domaines Skiables de France a enregistré une croissance moyenne de 2,8 % par an depuis 15 ans. Dans ce contexte, les stations de ski françaises n’ont d’autre choix que de se partager la clientèle. Pour continuer à être compétitives, elles sont obligées d’investir régulièrement (renouvellement des remontées mécaniques, communication, entretien des pistes, personnel etc).

Or, les coûts de fonctionnement sont de plus en plus élevés et pour des stations de très petite taille, ils sont souvent difficiles à assumer. La situation est plus délicate encore pour les stations gérées en régie communale (c’est souvent le cas dans les Pyrénées notamment), alors que les investisseurs privés (qui possèdent souvent plusieurs domaines skiables) parviennent plus facilement à équilibrer leurs budgets.

Domaines Skiables de France explique qu’avec « le renchérissement des coûts de construction des appareils neufs et les nouvelles réglementations qui paraissent chaque année, il faut veiller sans cesse à trouver de nouvelles voies pour préserver la rentabilité obligatoire d’un service à caractère industriel et commercial comme le nôtre.»

 

Des cas de fermeture de stations heureusement assez rares


Dans le cas contraire, la station devient déficitaire, et c’est l’engrenage infernal, allant parfois au dépôt de bilan, même si cela reste assez rare. Artouste, par exemple, avait été menacée de fermeture en 2004, et doit son salut à sa reprise par la société Altiservice (qui possède d’autres stations dans les Pyrénées). Abondance, en Haute Savoie, avait connu deux saisons de fermeture, de 2007 à 2009, avant de pouvoir rouvrir grâce à un investisseur puis à la mairie. Plus récemment, les remontées mécaniques de Drouzin le Mont (Chablais, 74) sont à l’arrêt depuis l’hiver dernier, elles rouvriront certainement pour la saison 2014-15.

 

Des stratégies de sauvegarde pour les petites stations de ski


Alors, comment joindre les deux bouts ? Certaines petites stations parviennent à tirer leur épingle du jeu en misant sur leurs atouts : ambiance «village», panorama, tarifs doux, quiétude... Elles séduisent ainsi une frange de la clientèle familiale qui aspire désormais à plus d’authenticité, de convivialité, fuyant les grands domaines, qu’elle considère comme des «usines à ski».

Ces clients là font les beaux jours des «petites stations», mais parfois, cela ne suffit pas. Il faut donc adopter d’autres stratégies : semaines discount à prix cassés, ouvertures du domaine skiable par périodes (week end et vacances scolaires uniquement), partenariats locaux importants etc...

La question de la saison d’été s’avère aussi cruciale : les stations de moyenne montagne qui ont une activité estivale dynamique peuvent ainsi compenser les hivers plus difficiles, et ainsi équilibrer plus facilement leur budget.

 

Les changements climatiques auront-ils raison des petites stations de moyenne altitude ?


Pour les stations de basse altitude, la question cruciale des années à venir sera celle de la neige. Les signes du dérèglement climatique sont plus marqués en montagne, et certains météorologues craignent que dans les 20 à 30 ans à venir, la neige vienne à manquer à basse altitude. En effet, Météo France estime «qu’entre 1958 et 2002, la température a augmenté d’environ 3 °C dans les Alpes françaises. Ce réchauffement est plus marqué que celui de l'ensemble du territoire français au cours du XXe siècle (de l'ordre de 1 °C). Les Alpes françaises sont très exposées au réchauffement de l'atmosphère en période hivernale. Cette augmentation est surtout effective depuis la fin des années 1980 et est plus marquée en fin d'hiver/début du printemps.»

Si les températures augmentent de façon marquée dans les années à venir, les stations de très basse altitude manqueront certainement de neige, avec des saisons plus courtes. Il leur faudra alors s’adapter, et par exemple acheter des canons à neige perfectionnés, fonctionnant même avec des températures positives. Les plus petites stations pourront elles alors assumer ces coûts toujours plus élevés de fonctionnement ?