Les avalanches continuent de tuer. Il est maintenant évident que si vous faites du freeride sans airbag vous prenez un risque inutile. Si vous le faites quand il ya un risque d'avalanche élevé, vous jouez à la roulette russe.

En Février prince Johan Friso, deuxième fils de la reine Beatrix des Pays-Bas, a défrayé la chronique quand il a été enseveli dans une avalanche à [R212R, Lech] en Autriche. Il a survécu parce que son compagnon qui portait un airbag ABS, est resté à la surface, et était en mesure de lui venir en aide. Malheureusement les médecins craignent que le cerveau du Prince soit endommagé et que peut-être il ne reprenne jamais conscience.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chiens de recherche en avalanche au travail

À peu près au même moment, aux États-Unis quatre skieurs expérimentés ont été pris dans une avalanche dans l'État de Washington. Un seul a survécu - freerider Elyse Saugstad - qui elle seul portait un airbag et est resté à la surface.

Elyse Saugstad a raconté son expérience à CBS. L'avalanche l'a projeté 200m en 30 secondes. « Nous n'avons pas vraiment entendu quoi que ce soit et puis mon partenaire a commencé à crier, ‘Elyse, avalanche! Elyse avalanche!' C'est arrivé si vite,' a déclaré Saugstad. «Je dois dire que quand elle a commencé ma première pensée a été qu'elle n'était pas si grande. En une seconde, elle s'est beaucoup empirée", a-t-elle dit. "C'est comme si vous étiez dans une machine à laver et on vous tourne et retourne et tout est blanc et vous ne savez pas où est le haut et où est le bas."

En 2008 Elyse était championne du Freeride World Tour, remportant la première place pour les dames en skis. Egalement sur le podium il y a avait un autre survivant d'avalanche de notoriété, meilleur snowboarder homme, le Français Xavier de Le Rue. En Mars 2008 Xavier filmait en Suisse et a été pris dans une avalanche qui l'a balayé sur deux kilomètres. Son ABS airbag lui gardait à la surface et ses compagnons l'ont trouvé avec juste une clavicule cassée.

Xavier de Le Rue raconte une histoire similaire, sauf que son avalanche l'a emporté deux kilomètres en aval plutôt que 200m. «J'ai été pris dans une énorme avalanche en Mars 2008 et je crois vraiment que c'est seulement de la chance qui m'a permis de sortir vivant. En partie du à mon ABS airbag. J'ai essayé de surfer en dehors de l'avalanche, mais j'ai été pris dans la neige. Mes amis ont commencé à me chercher en haut parce qu'ils pensaient que si j'étais dans le ravin je ne pouvais pas être en vie. Heureusement que l'hélicoptère qui était avec nous a repéré quelque chose et Henrik est descendu et il m'a trouvé à la surface. "

Accidents d'avalanches vont forcément avec l'engouement croissant pour le freeride. Les skis modernes le facilitent dans la neige profonde. La vision d'extraordinaires vidéos de freeriders en skis et snowboard sur les pentes, quasiment suicidaire, ont attiré de plus en plus de skieurs et planchistes dans les zones à haut risque. Mais un airbag peut seulement réduire le risque. Lorsque 100.000 tonnes de neige, vous balaient parmi les rochers et les arbres cassés, quel que soit l'équipement de sécurité que vous prenez avec vous, vos chances de survie ne sont pas bonnes. Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon ABS, au cours des 12 dernières années, 95% de ceux pris dans une avalanche qui portaient un airbag ont survécu parce qu'ils sont restés à la surface.

Vous pouvez regarder la snowboardeuse professionnelle Meesh Hyntner gonfler son airbag ABC et sortir d'une avalanche comme si de rien était http. Si imperturbable que sur le net certains, cyniques, se demandent  si ce n'était pas en réalité  qu'un coup de pub très dangereux. De toute façon son airbag l'a gardé à la surface.

Dans les années 70's, un garde forestier allemand fait une découverte intéressante lorsqu'il évite à plusieurs reprises l'ensevelissement sous une avalanche en augmentant son volume grâce à un gibier mort qu'il porte sur son dos. S'en suivent des expériences diverses avec de grosses bonbonnes et des ballons. L'idée de l'avalanche airbag était née. Les expériences menées par le centre de recherche de la compagnie d'assurance Allianz confirment cette théorie. Une augmentation appropriée du volume peut permettre de rester en surface de la neige. Dans les années 60 en France, dans la même ligne de pensée, le célèbre champion de ski français Emile Allais, alors directeur de [R117R, Courchevel], équipait ses pisteurs travaillants sur les pentes instables, de grands sacs de sciure de bois qui ont eu le même effet.

En 1980 lors d'un séjour Heliski au Canada, Peter Aschauer est directement confronté à une avalanche emportant mortellement son associé de l'époque. Il acquiert le brevet et fonde la société ABS Peter Aschauer GmbH. Commence alors le développement d'un système qui permettrait à des victimes d'avalanche d'augmenter suffisamment leur volume en quelques secondes, sans être trop encombrant pour le skieur.

Le premier système airbag fonctionnel est testé et est présenté à l'ISPO hiver 1985. Il se gonfle avec de l'azote, un gaz qui ne givre pas et qui a une grande vitesse d'expansion. D'après ABS les ventes de leurs airbags augmentent d'environ 20% par an depuis cinq ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec et sans airbag  Photo crédit Airbags ABS

Tout le monde n'est pas convaincu que l'airbag soit la solution miracle surtout aux Etats-Unis. Les montagnes d'Amérique sont plus dangereuses pour les freeriders que les Alpes, relativement dénudées d'arbres, avec pour conséquences un plus grand risque de mort de blessure. County Sheriff Bill Masters de San Miguel Colorado a commenté tristement sur un cas récent au domaine skiable de [R456R, Telluride] cette année, où le snowboarder Nate Soules équipé d'un airbag et un Avalung est mort dans une avalanche.  "Il faut retenir que dans ce cas son airbag a été complètement trempé de sang », a- t-il précisé. "Il a certainement été déployé, mais je ne pense pas que cela aurait changé grande chose." Ethan Greene, directeur du Centre d'information sur les avalanches de Colorado a déclaré: "Ils sont d'excellents outils et ils sauvent la vie des gens, et nous ne voulons nullement les dénigrer, mais ils ne vous rendent pas invulnérables. C'est comme penser que vous pouvez conduire partout à 200 kH, parce que vous avez mis votre ceinture de sécurité. Ca n'a pas de sens."

Freerider  Mattias Mayr est d'accord. Voici ses quatre règles pour les freeriders: -

1. CERVEAU: Utilisez votre cerveau à tout moment! Pensez à tout surtout l'état de la pente que vous voulez skier. La meilleure façon de survivre à une avalanche est de ne pas en créer une.

2. AMI: Si vous déclenchez une avalanche, et que vous n'êtes pas enterré, seulement quelques os brisés en raison des 100.000 tonnes de neige vous emportant en bas de la montagne, c'est toujours bon d'avoir un coup de main. Ne faites jamais du freeride seul.

3. PIEPS / ARVA: Votre meilleur ami, à moins qu'il soit un chien, ne sert à rien si vous êtes enterré sous une épaisse couverture de neige dans une zone aussi grande qu'un terrain de foot. Sans un DVA, vos chances de vous revoir est presque zéro. Il faut donc toujours avoir votre DVA avec vous, allumé avec des piles chargées complètement.

4. ABS: Heureusement, le port d'un airbag est tendance. Il vous aidera à rester à la surface si vous êtes pris dans une avalanche. Bien sûr, vous devez vous rappeler de tirer sur la corde pour le gonfler...

Onthesnow a parlé à Frédéric Jarry accidentologiste à l'Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches ANENA à Grenoble. Il précise que ‘chaque année rien qu'en France il y a une trentaine de morts à cause des avalanches - c'est trop. Au-delà des airbags il y a le système complémentaire RECCO comprenant des réflecteurs attachés aux vêtements et équipment du skieur rendant la tache des DVA, Détecteur de Victimes d'Avalanches plus facile. En même temps le système des fixations qui se détachent automatique pour éviter l'effet ancre, qui tire le skieur vers le bas contre son airbag est à l'étude. Le système Avalung permet d'éviter les risques de suffocation à une victime ensevelie. Cependant, il a expliqué, il a une faiblesse commune avec l'airbag de nécessiter une action de la victime pour les mettre en œuvre au moment du départ de l'avalanche. Il faut montrer un sang froid considérable, dans les secondes qui suivent, pour penser à déclencher deux systèmes en même temps. Les chances de survie, en fonction de la durée d'ensevelissement de la personne dans une avalanche, sont environ de : 91% entre 0 et 18 minutes ; 34% entre 18 et 35 minutes ; 20% entre 35 et 120 minutes ; 7% après 140 minutes.

Fred Jarry pense qu'il est illusoire de compter sur les secours organisés, qui ne peuvent arriver avant ce délai critique de 18 minutes : ‘la recherche doit être faite par les pratiquants eux-mêmes. En 18 minutes même les camarades sur place ont à peine le temps de trouver les ou les victimes ensevelies et de les sortir de la neige.  En  restant à la surface vous augmentez vos chances de survie considérablement donc priorité à l'airbag. En même temps, il insiste qu'une formation avalanche est essentielle pour savoir comment reconnaître les conditions dangereuses et comment agir pour sauver des victimes ensevelies sans perdre de temps.

Si vous voulez vivre l'expérience de quelqu'un enseveli dans une avalanche, regardez cette vidéo. Le skieur avait une caméra fixée à son casque qui continuait à tourner quand il a été enseveli:

Puis posez-vous la question ‘est ce qu'un airbag est trop cher ?' Le coût à environ €800 est la principale raison que l'airbag n'est pas utilisé par des freeriders.

Il existe actuellement trois airbags sur le marché, l' ABS Allemand, le Snowpulse Suisse, maintenant une filiale de Mammut, et des États-Unis le BCA Float bag. D'autres marques notamment incorporés dans les sacs à dos sont attendues pour la saison 2012-13.