Depuis cinquante ans les personnes handicapées ont la possibilité de s'adonner au ski alpin et au ski nordique, quel que soit leur handicap. Du ski debout au ski assis, les techniques existantes permettent aux skieurs handicapés de savourer des sensations uniques et d'évoluer dans leur pratique, tout comme les skieurs valides. L'équipement existe, il y a des pistes adaptées mais en France il y reste quand même beaucoup de progrès à faire.

En principe de nombreuses stations de ski se sont engagées pour permettre l'accueil des skieurs en situation de handicap et ainsi rendre accessible les activités hivernales au plus grand nombre. Vous pouvez contacter les Comités Départementaux de Tourisme correspondant à votre destination afin de connaître les conditions d'accessibilité de votre station de sports d'hiver.

Le ski debout s'adresse aux malvoyants qui sont guidés à la voix par un skieur qui les précède, ainsi qu'aux pratiquants dont le handicap permet la station debout (absence partielle ou totale des membres supérieurs, hémiplégie...). Le skieur peut aborder tous types de pistes, selon son niveau de pratique. Par contre, pour les personnes ayant un handicap moyen à élevé des membres supérieurs, il est possible de faire du ski en tandem. À ce moment le moniteur prend la personne handicapée totalement en charge, aucun apprentissage n'est nécessaire, le moniteur contrôle entièrement l'appareil. Aucune exigence n'est requise sauf celle de pouvoir passer du temps au grand air. Le fauteuil utilisé est muni d'une couverture pour le temps très froid.

Le ski assis permet d'avoir une pratique adaptée aux handicaps de chacun : si le handicap touche uniquement les membres inférieurs, une pratique autonome est possible, et si le handicap concerne membres inférieurs et supérieurs, la promenade/découverte en passager permet de profiter des joies de la glisse en toute sécurité. 

Pour ces différentes pratiques, la découverte du ski handisport doit se faire par le biais d'un apprentissage dispensé par des moniteurs spécialement formés, titulaires du Certificat de Qualification Handisport Ski Alpin, du diplôme de Moniteur Fédéral de Ski Alpin Handisport

Cet apprentissage met l'accent sur le choix du matériel, sur son utilisation, ainsi que sur le comportement du skieur handicapé. En effet, tout comme le skieur valide, le skieur handicapé doit se conformer aux règles de sécurité et de bonne conduite sur les pistes.

Dans le cas d'un handicap visuel ou encore intellectuel, il n'y a pas nécessairement besoin d'un équipement spécial. En revanche, ce handicap nécessite une méthode de guidage et d'enseignement spécifique. Le programme d'enseignement ou d'accompagnement est ajusté selon le besoin.

Voila pour la  théorie. Pour la pratique il faut d'abord du courage ; Il suffit de lire le livre Faux Pas de Jean-Yves Le Meur sur son ascension du Mont Blanc sur béquilles pour le comprendre. En plus il faut de l'équipement spécialement adapté. Les techniciens ont fait des miracles. Il est maintenant possible pour quasiment tous les handicapés de faire du ski et pour certains de se servir des remonte-pentes sans trop de souci. En 1997 Pierre Tessier passionné de ski et de mécanique a fondé son entreprise spécialisée de fabrique de matériel de ski pour handicapés. Il a développé toute une gamme d'aide et des adaptations aux remonte-pentes pour que les handicapés puissent s'en servir. Il a même créé un système d'évacuation pour les handicapés en cas de problème. Tessier est maintenant le leader mondial dans le secteur. En même temps à Toulouse depuis 2003 Spokes ‘N Motion venu des États Unis s'est aussi fait une réputation en équipant les skieurs handicapés.

Neigeski a parlé avec Yohann Nourdin qui a fait l'expérience de créer une nouvelle association Handi Val d'Abondance basé sur la station de Châtel dont il est le Président . Elle a vu le jour en 2011 sous le slogan ‘Assis debout on fait tout chez nous'. Yohann explique ‘Pour que ce genre de projet démarre, un très gros travail est à réaliser : aider les personnes à trouver les professionnels enseignants sportifs et leur donner la possibilité de pratiquer seuls, les faire bénéficier d'un matériel adapté, offrir une accessibilité meilleure en collaboration avec les remontées des stations de la vallée, former les parents qui donneront l'autonomie à leurs enfants, développer la communication avec les mairies et offices de tourisme, travailler avec les communes sur des logements accessibles (quasiment inexistants). Beaucoup de bonne volonté était nécessaire.' Pourquoi s'occuper d'une tache si difficile ? ‘Je suis instructeur de sports d'hiver et un jour j'ai croisé sur les pistes un skieur handicapé qui m'a demandé des conseils. On s'est lié d'amitié, il est devenu Champion Para olympique de Slalom et maintenant il est parrain de la nouvelle association avec André Favre un autre médaillé para olympique. C'est ça qui m'a motivé de mettre le pied à l'étrier.' Certains spécialistes de problèmes des handicapés disent qu'il reste beaucoup à faire en France pour rendre le ski vraiment accessible aux handicapés. Vous êtes d'accord ? « Oui on est arrivé à un point ou l'équipementier a fait des merveilles et les handicapés font des performances de très haut niveau mais il y a toute une logistique banale à mettre en place que ce soit des accès dans les hôtels et restaurants, des toilettes et des transports. Ici à Châtel nous avons des pistes très adaptées avec par exemple cinq types de siège pour les remonte pentes. Bientôt nous aurons 125 logements pour les clients handicapés mais oui il reste beaucoup à faire'.

Malgré tout ce qui reste à régler, le témoignage d'un jeune handicapé parlant de Yohann Nourdin indique que tout ce travail en vaut la peine - ‘j'ai rencontré en haute Savoie à Chatel un moniteur de ski qui m'a fait découvrir les premières sensations de glisse du ski assis en dual ski; quel bonheur pour moi de pouvoir remonter en altitude et de pouvoir tout simplement skier. N'hésitez plus, je vous donne leur adresse www.ecoleskiacademy.com'

Enfin il y a la loi de 2015 qui impose à tous les lieux qui reçoivent le publique de s'adapter aux besoins des handicapés  mais est ce qu'il existe les moyens de le faire ?