JP Janik, shaper et docker de snowpark, associé de White Park.

Parlez-nous un peu de votre parcours…
« Je shape depuis maintenant 10 ans et je conduis des engins depuis 7 ans. J’ai commencé à shaper à Méribel Alpina, où je travaillais pour la société d’exploitation des pistes. C’était l’époque où les stations voulaient développer les snowparks en France, après que les Etats-Unis les ai développés. Nous avons ensuite créé notre propre entreprise de park designers, White Park. »

Quel est le concept de White park ?
« Nous apportons aux stations de skis des solutions afin de créer les meilleures zones freestyle des domaines skiables. White Park est une société spécialisée dans l’aménagement et la maintenance des espaces nouvelles glisses, comme les snowparks, boardercross et toutes autres zones ludiques dédiées au freestyle. Nous pouvons les conseiller de la recherche du site jusqu’à la maîtrise d’œuvre des travaux. »

Existe-il une formation au métier de shaper ?
« Être shaper c’est avant tout une passion avant d’être un métier. Il n’existe pas encore de formation officielle mais généralement vous êtes formés par la station dans laquelle vous travaillez. Il y a deux sortes de postes : le docker qui travaille les finitions des modules à la pelle, qui gère l’accueil, la sécurité et l’agencement. Et le shaper qui lui a une compétence supplémentaire puisqu’il conduit les engins de damages. La seule formation à passer pour devenir shaper est donc celle de la conduite de dameuses. »

Décrivez-nous votre « journée-type »…
« A 8h30, je me rends sur le snowpark et depuis les remontées mécaniques j’observe déjà l’état du Park et le travail qu’ont effectué les dameurs la nuit. Une fois sur le snowpark, je vérifie tous les modules et remets un coup de pelle si nécessaire. C’est à moi de juger s’ils sont ouvrables ou non. Je sécurise donc toute la zone avant d’ouvrir le Park à la clientèle, je jalonne également le boarder cross et les deux pipes. Ma journée est rythmée entre l’accueil des riders, les conseils et la sécurité, et les rotations que nous effectuons pour vérifier si les modules sont en bon état. Je ferme le park aux alentours de 17h30 et je transmets à ce moment là le plan de damage pour que les dameurs puissent travailler sur les modules. »

Concernant la sécurité, que faites-vous sur le park ?
« Il y a environ 12 000 passages par jour au park au mois de février, la sécurité est donc indispensable. Une des choses importantes est de bien délimiter les différentes lignes. Il y en a 3 aux Mottarets : Bleu, Rouge et Noire. La signalétique doit être correctement disposée. L’enchainement des modules doit également être étudié, et les réceptions sont travaillées pour éviter tout accident.
Nous faisons nous mêmes les « crash-tests » pour nous assurer que le module est ouvrable et que la réception est parfaite. »

Et l’été, que faites-vous ?
« Notre métier est moins saisonnier qu’un moniteur de ski par exemple, car nous travaillons sur les parks l’été et nous allons commencer l’été prochain à travailler sur des parcours VTT.
Nous faisons régulièrement des relevés topographiques en collaboration avec des géomètres. Ce relevé nous permet ensuite de réaliser une étude du terrain afin de pouvoir concevoir notre proposition aux clients. Les aménagements et terrassements l’été permettent de simplifier le travail l’hiver.
Nous travaillons également à la recherche de partenaires pour les différents parks. Par exemple cette saison, Nissan est notre partenaire aux Mottarets et à Verbier. Ils sont importants pour nous mais nous sommes aussi intéressants pour eux car être sur un park est un très bon support de communication. »