Prévision Météo Saisonnière : Vers une fin novembre hivernale 

Magazine Méteo Prévision Météo Saisonnière : Vers une fin novembre hivernale 

L’hiver arrive sur nos massifs. Après les chutes de neige du milieu de semaine sur la chaine pyrénéenne, une offensive hivernale va impacter  nos massifs ce week-end. En effet, tandis l’anticyclone est désormais positionné sur l’Atlantique, une dépression venue de mer du Nord va débouler sur le pays. Un flux de Nord-Ouest humide affectera alors nos massifs. Avec une masse d’air modélisée autour de -4/-6°C à 850hpa – soit environ 1400m à l’air libre, la neige pourrait tomber en abondance, et ce, jusqu’à des altitudes relativement basses. Si la fin de novembre s’annonce enneigée sur les reliefs, que nous réserve la suite de la saison ? Voici quelques éléments de réponses.

Quelle première tendance pour l’hiver météorologique 2021-2022 (décembre, janvier, février) ? 

IMPORTANT : il s’agit ici d’une tendance à long terme, la fiabilité de ces prévisions est donc limitée.  La réalité peut donc être TOTALEMENT différente.

 

Introduction : l’influence du vortex polaire 

Le vortex polaire est une vaste zone d’air froid qui se forme en période hivernale sur les deux pôles géographiques. Si ces masses d’air froides sont concentrées, on parle alors de circulation zonale sur l’Europe. La direction du jet-stream détermine alors les conditions météorologiques sur notre pays. S’il s’oriente vers l’Europe du Nord-Ouest, le temps sera doux et sec sur notre pays (carte 1). En revanche, s’il s’oriente vers la France, le temps sera beaucoup plus perturbé.

Il arrive parfois que les hautes pressions remontent vers les hautes latitudes. Le vortex polaire est donc davantage déconcentré. On parle alors de circulation méridienne sur l’Europe. À cet effet, les masses d’air froides peuvent potentiellement être rabattues vers les moyennes latitudes, donc sur notre pays (carte 2). En revanche, si le complexe dépressionnaire plonge sur l’Atlantique, un flux de Sud très doux est advecté sur la France.

  • L’Oscillation Nord Atlantique ou North Atlantic Oscillation (NAO) 

La NAO est un indice qui calcule la différence de pression entre les Açores et l’Islande. Plus le gradient de pression Nord/Sud va être important, plus la NAO va être positive. Au contraire, plus ce gradient sera relâché, plus la NAO sera négative. Autrement dit, une NAO- favorise davantage les blocages nordiques, et donc les situations hivernales sur l’Europe. 

Il est toutefois important de préciser qu’une NAO+ n’est pas forcément synonyme de douceur durable. La vague de froid de février 2012 en est l’exemple (anticyclone russe).

CARTE 1 : Synoptique du samedi 15 février 2020 | carte pressions à 500hpa

Skiinfo Synoptique du samedi 15 février 2020 : carte pressions à 500hpa
©️Meteociel | image retouchée par Allan Crouvizier

 

CARTE 2 : Synoptique du vendredi 17 décembre 2010 | carte pressions à 500hpa

Skiinfo Carte météo
©️ Météociel | image retouchée par Allan Crouvizier

 

Prévisions NAO début décembre 2021 

 Prévisions NAO début décembre 2021 :
©️NOOA

Après une phase négative fin novembre, nous pouvons constater que l’ensemble des scénarios s’orientent vers une hausse sensible de la NAO pour début décembre 2021. Nous pouvons donc supposer que la circulation sera davantage zonale sur l’Europe. D’ailleurs, les modèles numériques GFS, CEP, et GEM  vont également dans ce sens (runs de 0h – mercredi 24 novembre au matin), avec un vortex polaire concentré et une forte activité dépressionnaire entre le Groenland et la Scandinavie. Celle-ci pourrait déborder sur le pays. Le temps serait alors perturbé et doux début décembre, avec toutefois quelques rafraichissement possibles en fonction de l’orientation du jet-stream. 

La Niña 

Par définition simple, la Niña est une anomalie froide des eaux du Pacifique, à l’Ouest de l’Amérique du Sud. Ce phénomène peut avoir des effets sur le climat mondial, à savoir : un temps plus doux et plus sec sur le Sud des États-Unis, ainsi que des précipitations plus importantes sur l’Océanie. Sur l’Europe, les conséquences sont bien plus méconnues, même si, selon certains prévisionnistes, les hautes pressions gagneraient plus facilement les hautes latitudes, favorisant ainsi les décrochages polaires sur l’Europe. Toutefois, cette corrélation n’est pas si évidente. 

En effet, si certains mois ont été très hivernaux sur le continent sous la niña, comme notamment décembre 2010 ou encore février 2012, d’autres hivers se sont avérés très doux comme 1999-2000, 2000-2001, 2007-2008.

Illustration du phénomène la Niña

Illustration du phénomène la Niña
©️NOOA

Source : NOOA  | image retouchée par Allan Crouvizier

Analyses et commentaires des modèles saisonniers

Modèle saisonnier européen ECMWF  

(Mise à jour : 1er novembre 2021)

  • Décembre : Selon le modèle saisonnier européen, le mois de décembre serait proche des normales saisonnières d’un point de vue thermique. En revanche, les précipitations seraient déficitaires sur notre pays. Les perturbations circuleraient davantage entre l’Islande, le Nord des Iles Britanniques et la Scandinavie. Nous pouvons donc supposer que l’anticyclone serait positionné sur l’Europe de l’Ouest. Les températures ne seraient pas forcément très élevées à basse altitude en raison des inversions thermiques. En montagne, la douceur sera peut-être plus marquée et les chutes de neige peu fréquentes. Toutefois, nous ne pouvons pas exclure un flux continental plus froid, c’est du moins ce que laisse supposer le léger excédent de précipitations modélisé sur le bassin Méditerranéen (air froid venant d’Europe de l’Est). 
  • Janvier : La première lecture, laisse à penser que le second mois de l’hiver météorologique serait doux et humide. Cependant, lorsque l’on observe la carte des anomalies de précipitations seraient déficitaires vers les hautes-latitudes. Cela pourrait potentiellement coïncider avec une zone de haute pression vers le pôle, et une circulation plus méridienne vers les moyennes latitudes (régime NAO-). Les conditions seraient donc dépressionnaires sur notre pays, avec une alternance de refroidissement et de redoux marqué en fonction du placement des potentielles coulées polaires (limite pluie-neige très fluctuante). 
  • Février : Les simulations du modèle vont dans le sens d’un mois de février doux. En revanche, aucune anomalie particulière ne se dégage côté précipitations. Nous pouvons donc penser que notre pays serait sous l’influence d’un courant d’Ouest-Sud-Ouest faiblement dépressionnaire.

Modèle saisonnier américain CFS 

  • Décembre : Le modèle américain simule également un mois de décembre sec avec une vaste ceinture anticyclonique s’étirant des Açores à l’Europe de l’Est, et au contraire des conditions plus dépressionnaires sur l’Europe du Nord-Ouest.
  • Janvier : Les simulations sont différentes du modèle européen. Les basses pressions et les précipitations concerneraient davantage les hautes-latitudes. L’Europe de l’Ouest serait alors sous l’influence d’une douceur anticyclonique.
  • Février : Selon le modèle américain, les précipitations seraient plus marquées sur notre pays, au contraire déficitaires sur l’Europe du Sud. Les températures seraient en revanche très douces sur la majorité du continent. Nous pouvons donc émettre l’hypothèse que nous serions sous l’influence d’un courant océanique perturbé, favorable à la moyenne et haute-montagne.
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