Prévision Météo Saisonnière : fin automne et hiver 2022-2023

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Les premiers flocons de la saison sont tombés sur les Alpes du Nord dans la nuit de vendredi à samedi. Les sols étaient donc parfois saupoudrés samedi 17 septembre 2022 dès 1700-1900m. Ces chutes de neige tout à fait anecdotiques n’ont absolument rien d’exceptionnelles pour la période, mais ce premier sursaut automnal est un signe que nous avançons petit à petit vers la saison froide. C’est donc l’occasion d’établir notre tendance pour la fin de l’automne et l’hiver à venir, après avoir analysé et commenté les deux principaux modèles saisonniers (ECMWF et CFS), dans la vidéo ci-dessous.

Quelle tendance pour la fin de l’automne (novembre) et l’hiver météorologique 2022-2023 (décembre, janvier, février) ? 

IMPORTANT : il s’agit ici d’une tendance à très long terme, la fiabilité de ces prévisions est donc limitée.  La réalité peut donc être TOTALEMENT différente.

Analyses et commentaires des modèles saisonniers ECMWF et CFS

Modèle saisonnier européen ECMWF  

(Mise à jour : 1er septembre 2022)

  • Novembre : flux de Sud-Ouest doux ?

Une zone dépressionnaire positionnée entre la Norvège et les Açores propulserait un air relativement doux en direction de la France. Côté      précipitations, aucune anomalie ne semble se dégager sur notre pays. Nous pouvons donc penser que les périodes humides et au contraires plus sèches pourraient alterner. Dans ce courant de Sud-Ouest, les chutes de neige concerneraient surtout la haute-montagne.

  • Décembre : froid sec ?

Un anticyclone pourrait s’étirer des Açores jusqu’à la Scandinavie, en passant par le Nord des Iles Britanniques. L’Europe de l’Ouest et la France seraient donc sous l’influence d’un courant de Nord-Est froid et sec. Dans ce flux à composante continental, l’humidité concernerait davantage le bassin méditerranéen. Les chutes de neige seraient donc peu fréquentes dans nos stations, mais les températures se situeraient en-dessous des normales saisonnières.

  • Janvier : un mois de janvier contrasté ?

Aucune tendance ne semble réellement se dégager sur notre pays, tant en termes de température que de précipitation. En revanche, entre le Groenland, les Iles Féroé, et la Norvège, ce mois de janvier serait plus sec que la normale. Les hautes-pressions pourraient alors faire quelques incursions vers le Nord de l’Atlantique. Dans ce contexte, des séquences froides et humides (neige jusqu’en plaine) pourraient survenir sur notre pays.

Nous pouvons également émettre l’hypothèse que ce mois de janvier serait scindé en deux parties :

La première quinzaine serait potentiellement la plus propice aux chutes de neige sur nos massifs, car les hautes-pressions positionnées sur les latitudes nordiques favoriseraient les décrochages polaires en direction de la France.

La seconde quinzaine serait au contraire plus sèche et plus douce sur notre pays, car une ceinture anticyclonique se constituerait entres les Açores et l’Europe de l’Est, en passant par la France.

  • Février : devenant printanier ?

Le continent européen renouerait avec une configuration en dipôle (NAO+). En effet, on retrouverait une activité dépressionnaire omniprésente entre l’Atlantique Nord et la Scandinavie, et une ceinture anticyclonique entre les Açores et l’Europe de l’Est englobant la France. Les précipitations seraient donc peu fréquentes sur nos massifs. La douceur serait également marquée en montagne. Dans les topographies de vallées, les températures seraient peut-être moins élevées en raison des inversions. Ces dernières seraient toutefois moins marquées lors de la seconde quinzaine du mois, en raison de l’allongement de la durée du jour.

 

Modèle saisonnier américain CFS 

  • Novembre : anticyclonique et doux ?

L’activité dépressionnaire concernerait l’Islande, la Scandinavie, et la Russie. Sur la moitié Sud du continent européen (dont la France), les précipitations seraient déficitaires. Notre pays serait donc sous l’influence d’une ceinture anticyclonique qui s’étirerait des Açores jusqu’à l’Europe de l’Est. Les flocons seraient donc rares sur nos massifs, et les températures afficheraient un net excédent par rapport aux valeurs habituelles.

  • Décembre : douceur océanique ? 

Les simulations semblent largement différentes par rapport au modèle européen…Notre pays serait sous l’influence d’un courant océanique doux plus ou moins humide, en marge des conditions dépressionnaires qui affecteraient les latitudes nordiques. Dans ce contexte, les chutes de neige concernaient surtout les secteurs de moyenne et haute montagne.

  • Janvier : perturbé ?   

Un anticyclone serait présent sur l’Europe du Nord. Sur l’Ouest du contient et la France, les conditions seraient au contraire très humides, en raison du jet-stream qui circulerait plus bas en latitude. Les séquences froides et au contraire beaucoup plus douces alterneraient alors au cours de ce mois. La limite pluie-neige serait donc très fluctuante.

  • Février : un mois de février « standard » ?     

Selon les dernières simulations, ce dernier mois de l’hiver météorologique serait plutôt humide. En effet, l’anticyclone pourrait davantage se replier sur la péninsule ibérique. Les perturbations océaniques pénètreraient donc peut-être plus franchement sur l’Europe de l’Ouest. La limite pluie-neige oscillerait alors entre la basse et la haute-montagne, en fonction de l’orientation du flux.

 

L’influence du vortex polaire 

Le vortex polaire est une vaste zone d’air froid qui se forme en période hivernale sur les deux pôles géographiques. Si ces masses d’air froides sont concentrées, on parle alors de circulation zonale sur l’Europe. La direction du jet-stream détermine alors les conditions météorologiques sur notre pays. S’il s’oriente vers l’Europe du Nord-Ouest, le temps sera doux et sec sur notre pays (carte 1). En revanche, s’il s’oriente vers la France, le temps sera beaucoup plus perturbé.

Il arrive parfois que les hautes pressions remontent vers les hautes latitudes. Le vortex polaire est donc davantage déconcentré. On parle alors de circulation méridienne sur l’Europe. À cet effet, les masses d’air froides peuvent potentiellement être rabattues vers les moyennes latitudes, donc sur notre pays (carte 2). En revanche, si le complexe dépressionnaire plonge sur l’Atlantique, un flux de Sud très doux est advecté sur la France.

  • L’Oscillation Nord Atlantique ou North Atlantic Oscillation (NAO) 

La NAO est un indice qui calcule la différence de pression entre les Açores et l’Islande. Plus le gradient de pression Nord/Sud va être important, plus la NAO va être positive. Au contraire, plus ce gradient sera relâché, plus la NAO sera négative. Autrement dit, une NAO- favorise davantage les blocages nordiques, et donc les situations hivernales sur l’Europe. 

Il est toutefois important de préciser qu’une NAO+ n’est pas forcément synonyme de douceur durable. La vague de froid de février 2012 en est l’exemple (anticyclone russe).

CARTE 1 : Synoptique du samedi 15 février 2020 | carte pressions à 500hpa

Skiinfo Synoptique du samedi 15 février 2020 : carte pressions à 500hpa
©️Meteociel | image retouchée par Allan Crouvizier

 

CARTE 2 : Synoptique du vendredi 17 décembre 2010 | carte pressions à 500hpa

Skiinfo Carte météo
©️ Météociel | image retouchée par Allan Crouvizier

 

La Niña 

Par définition simple, la Niña est une anomalie froide des eaux du Pacifique, à l’Ouest de l’Amérique du Sud. Ce phénomène peut avoir des effets sur le climat mondial, à savoir : un temps plus doux et plus sec sur le Sud des États-Unis, ainsi que des précipitations plus importantes sur l’Océanie. Sur l’Europe, les conséquences sont bien plus méconnues, même si, selon certains prévisionnistes, les hautes pressions gagneraient plus facilement les hautes latitudes, favorisant ainsi les décrochages polaires sur l’Europe. Toutefois, cette corrélation n’est pas si évidente. 

En effet, si certains mois ont été très hivernaux sur le continent sous la niña, comme décembre 2010 ou encore février 2012, d’autres hivers se sont avérés très doux comme 1999-2000, 2000-2001, 2007-2008.

Illustration du phénomène la Niña

Source : NOOA

Troisième hiver consécutif sous influence de la Niña ?

Au 17 septembre 2022, on retrouve cette anomalie froide des eaux du Pacifique à l’Ouest de l’Amérique du Sud. Selon les prévisions de la NOAA, la Niña pourrait se poursuivre encore quelques mois, avant une éventuelle phase neutre à partir du printemps 2023 comme l’atteste le graphique ci-dessous. Déjà présent lors des hivers 2020-2021 et 2021-2022, le phénomène la niña pourrait donc se poursuivre pour le troisième hiver consécutif.

Probabilité (en %) des phénomènes la Niña, phase neutre, El Nino pour les prochains mois

Source : figure07.gif (2295×1484) (noaa.gov) – NOAA

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