Revenons sur les faits marquants de cette saison hivernale 2019_20 qui vient de s’achever de façon précipitée et prématurée pour cause de pandémie covid-19. Enneigement, fréquentation, météo… Quels ont été les marqueurs de cet hiver ?

 

La saison de ski d’automne repoussée de trois semaines en France


Souvenez-vous, après un été particulièrement chaud et marqué par un déficit de précipitations, la neige s’est rappelée à notre bon souvenir dès le début septembre (les 8 et 9 septembre 2019 plus précisément) avec les premières grosses chutes sur les Alpes Suisses, Italiennes et Autrichiennes : jusqu’à 60cm de neige tombée en altitude en 48h ! Malheureusement, côté français , cette précoce offensive hivernale ne s’est traduite que par un léger saupoudrage si bien que la station de Tignes a dû renoncer à l’ouverture de son domaine d’altitude initialement prévue le 28 septembre.

Il aura finalement fallu patienter jusqu’au 19 octobre 2019 pour que Tignes annonce être en mesure d'accueillir ses premiers skieurs sur une partie seulement de son glacier de la Grande Motte…

 

Dès la mi-novembre, on rechaussait les skis dans les Pyrénées !


Moins d’un mois plus tard, à la faveur de belles chutes de neige (entre 35 et 50 centimètres tombés entre le 6 et le 11 novembre 2019), plusieurs stations des Pyrénées décident d’anticiper l'ouverture de leur domaine skiable et proposent d’accueillir les premiers skieurs de la saison dès les week-ends des 12/13 et 16/17 novembre.

Ainsi, Porte Puymorens côté français, Ordino Arcalis côté Andorran, Formigal-Panticosa et Masella côté espagnol, capitalisent sur l'impatience des amateurs de glisse et nous promettent du bon ski avant l'heure...

 

Début décembre, les grands domaines skiables des Alpes ouvraient avec une à deux semaines d’avance


Dans les Alpes, la fin novembre et les deux premières semaines de décembre 2019 ont été marqué par des chutes de neige à répétition si bien que plusieurs stations se sont rapidement retrouvées en capacité d’ouvrir une partie de leur domaine skiable de façon anticipée.
Dans les Alpes du Nord, dès les 7/8 décembre on skiait déjà sur les pistes de Courchevel, des Menuires, Méribel, Les Saisies, Valloire, Val Cenis, La Plagne, Chamonix, Avoriaz, La Clusaz, Les Contamines Montjoie, Châtel ou bien encore Flaine.

Ouvertures anticipées également en Isère (à Chamrousse ou aux 7 Laux par exemple) mais également dans les Hautes-Alpes à Montgenèvre, aux Orres, à Orcières 1850, à Puy St Vincent, à Vars/ Risoul comme à Serre-Chevalier.

Situation similaire dans le 04 et le 06, avec un enneigement un peu moindre mais néanmoins déjà très bon pour un début décembre, en tout cas suffisant pour permettre l’ouverture des pistes de Praloup, de Val d’Allos, d’Auron et d’Isola 2000 avec quelques jours d’avance sur la planning prévisionnel.

Un début de saison très prometteur !

 

Un hiver globalement très compliqué pour les massifs de moyenne/basse altitude


Côté enneigement, dans les stations de moyenne et basse altitude, l’hiver 2019-2020 ne restera pas dans les annales et pour cause, douceur, vent et limite pluie-neige souvent trop élevée y ont été le refrain quasi incessant de début janvier à mi-mars…

Dans les Vosges, le Massif Central mais également du Jura, certaines stations n’ont jamais été en mesure d’ouvrir la moindre piste de ski. D’autres ont vu leur saison se résumer à une quinzaine de jours d’ouverture tout au plus…

Dérèglement climatique, réchauffement atmosphérique, impact de la pollution de l’air sur le climat, chacun se fera son opinion en tout cas le constat est là… Moins de neige, moins de froid et donc à contrario plus de douceur et de pluie en moyenne montagne cette année…

 

Des canons à neige au chômage partiel (eh oui, eux aussi…)


Si jusque-là, en cas de déficit d’enneigement naturel, les canons à neige représentaient une alternative efficace pour palier au manque d’or blanc, l’hiver 2019-2020 nous a montré qu’ils ne constituent cependant pas la solution miracle. En effet, si leur apport est incontestable dans des conditions hivernales « classiques », ils deviennent rapidement inutiles dès lors que le thermomètre s’obstine à rester positif même en plein mois de janvier…

Cet hiver, être équipé d’un réseau performant de production de neige de culture ne suffisait pas. Encore fallait-il savoir et pouvoir en tirer un profit optimal lors des courtes fenêtres météo favorables. Bon nombre de stations en ont fait les frais tandis que d’autres s’en sont mieux tiré à l’image de Peyragudes dans les Pyrénées. La production de neige de culture était déjà un métier technique, ça tend à devenir une affaire de spécialistes…

 

Des tempêtes à répétition


Comme si la douceur ne suffisait pas, l’hiver 2019-2020 a été marqué par un autre aléa météorologique : les tempêtes. Amelie, Cecilia, Gloria, Ines, Jorge... j'en passe et des meilleures ! De novembre 2019 à mars 2020 la France a vu passer pas moins de 14 tempêtes s’accompagnant de vents violents, y compris en montagne. Certaines ont particulièrement marqué nos esprits comme la tempête Gloria qui est venue se bloquer contre le massif pyrénéen les 20, 21 et 22 janvier laissant sur son passage de nombreux dégâts mais également de très forts cumuls de neige (120, 130 voire même parfois 150 centimètres).

 

Un niveau d’enneigement très hétérogène suivant les vallées


Outre la situation compliquée pour les stations de basse altitude (lire ci-dessus), l’un des marqueurs de la saison hivernale écoulé reste le niveau d’enneigement très disparate non seulement d’un massif à un autre (c’est d’ailleurs généralement le cas chaque hiver) mais d’une vallée à l’autre.

Ainsi, si durant l’hiver 2019-2020, l’enneigement a globalement été bon sur les Alpes, il n’ cependant pas été homogène d’un domaine à l’autre. A titre d’exemple, dans les Alpes du Sud, si le Briançonnais a connu un hiver plutôt généreux et enneigé, à quelques kilomètres à vol d’oiseau de là, la vallée du Champsaur a dû faire face à des conditions juste convenables. Le comparatif des chutes cumulées sur la saison est d’ailleurs sans appel : 510 cm à Puy Saint Vincent contre 212 cm à Chaillol (dans le Champsaur), deux stations pourtant situées à 1600 m…

La faute, une fois de plus à une limite pluie neige oscillant entre 1600 et 1800 mètres, parfois même au-delà. Tandis que certaines vallées bénéficiaient d’une température juste négative ou à peine positive, d’autres pourtant non loin géographiquement, se trouvaient dans un flux plus doux d’un petit degré. Un degré seulement qui se traduit, en fin de saison, par des mètres de neige accumulés en moins…

Cet hiver, à plusieurs reprises, ce différentiel s’est ainsi régulièrement observé entre Verdon et Mercantour, entre Oisans et Vercors ou bien encore entre Maurienne et Tarentaise…

 

Une fin de saison précipitée pour cause de coronavirus


Enfin, comment évoquer l’hiver 2019-2020 sans consacrer un paragraphe à son épilogue inédit et soudain : La décision gouvernementale, le 14 mars 2049, d’interdire toute activité susceptible de se traduire par un regroupement de personnes. Objectif affiché : freiner la propagation d’un virus, le covid-19, qui peu à peu gagne toute la planète !

En quelques heures, les écoles puis les bars et restaurants ferment. Suivent les domaines skiables et les stations de ski qui se vident de leurs vacanciers/skieurs. Chacun est appelé à rester confiné chez soi pour plusieurs semaines…

C’est ainsi que s’achève cet hiver 2019-2020 si particulier !