Les idées reçues ont la dent dure… Vue depuis les Alpes, la chaîne des Pyrénées c’est un peu comme un « micro massif » avec des « micro domaines skiables ». Il est temps de remettre quelques pendules à l’heure et de tordre le cou à quelques clichés concernant l’attractivité et la richesse des stations des Pyrénées car, c’est bien connu (votre femme vous l’a peut-être déjà dit…) ce n’est pas la taille qui compte…

 

#1 : Les Pyrénées ne proposent que de petits domaines skiables


Cette première idée reçue est sans doute la plus simple à bousculer puisqu’il suffit de s’appuyer sur les chiffres et de comparer les domaines skiables des Pyrénées à ceux des autres massifs pour rétablir la vérité…

En moyenne, les domaines skiables des Pyrénées comptent 27 pistes (de Goulier et ses 6 pistes au Grand Tourmalet où l’on en dénombre 69). Comparons alors maintenant cette moyenne avec celles des autres massifs :

- Dans les Alpes du nord, les stations offrent, en moyenne, 50 pistes chacune,
- Dans les Alpes du Sud, cette moyenne s’établie à 30 pistes
- Dans le Jura, elle atteint les 25 pistes
- Dans le Massifs Central, chaque station propose, en moyenne, 17 pistes
- Dans les Vosges, cette moyenne tombe à 11 pistes

Avec 27 pistes (de moyenne), le massif des Pyrénées se situe donc sur la troisième marche du podium, loin certes des Alpes du Nord et de leur immenses domaines, mais à quelques encablures seulement des Alpes du Sud qui proposent des domaines guère plus grands.

Autre éléments de comparaison : Vous connaissez certainement les stations de ski alpines des Houches, de Samoëns, d’Arêches Beaufort, de La Norma, des Karellis, de Pralognan la Vanoise ou bien encore de Sainte Foy Tarentaise ? Figurez-vous que l’ensemble de ces belles stations dispose elle aussi d’un domaine skiable totalisant environ 27 pistes (dans le mille Emile !) et pourtant ces destinations ne sont pas pour autant qualifiées de « petites stations »…

Allez au-delà des chiffres ! La taille ne fait pas tout... Au ski nous avons tous tendance à nous laisser séduire par des services dont nous n'avons absolument pas l'utilité... Une famille classique pratiquant le ski une semaine par an a rarement besoin de plus de 80 km de pistes pour s'amuser.

Conclusion : On vous l’accorde, le domaine skiable du Grand Tourmalet n’est pas comparable à celui des 3 Vallées mais pour autant, il est faux de penser que les Pyrénées ne proposent que de petits domaines skiables !

 

#2 : Les stations de ski des Pyrénées sont souvent difficiles d’accès


Là encore, il est assez aisé de se poser 5 minutes autour d’une carte routière et d’étudier les temps d’accès aux stations Pyrénéennes depuis les principaux bassins de populations. Distances, temps de trajets, proximités des autoroutes et des gares TGV… on a soigneusement étudié tout ça et même si ces éléments diffèrent d’une station à une autre, en moyenne, un Toulousain ne devra pas parcourir plus de kilomètres qu’un Lyonnais pour se rendre au ski. De la même manière, un Tarbais ne mettra pas plus de temps qu’un Chambérien pour atteindre sa station favorite.

Bien sûr, certaines destinations sont plus facilement accessibles que d’autres mais les 18 kilomètres d’ascension vers Luz Ardiden ne sont pas pires que les célèbres lacets de l’Alpe d’Huez de même que franchir le Col d’Aspin pour aller au ski n’est pas plus périlleux que de passer par le Lautaret pour se rendre à Serre-Chevalier…

Pour les dessertes en train, le TGV vous emmène jusqu’à Lourdes, Foix, Tarbes ou bien encore Carcassonne. A l’image d’Ax les Thermes ou bien encore de Luchon, certaines destination ski des Pyrénées peuvent même se targuer d’avoir le TGV aux portes de leurs stations…

Conclusion : Concernant les facilités d’accès, les stations de ski des Pyrénées n’ont pas grand-chose à envier à celle des Alpes. Qu’est ce qui ressemble plus à une route de montagne qu’une autre route de montagne (qu’elle soit dans les Pyrénées ou dans les Alpes) ?

 

#3 : Les Pyrénées souffrent d’un manque de notoriété


Dès qu’il s’agit de parler ski et enneigement, force est de constater que les médias (nous y compris) sommes souvent focalisé sur les Alpes car c’est là que se situe 80% des stations françaises, car c’est là aussi qu’est implanté une grande partie de l’industrie du ski et surtout parce que les Alpes bénéficient d’une très forte notoriété grâce à des sites incontournables (tel le massif du Mont-Blanc), et à des stations internationales (Courchevel, Megève, Chamonix, j’en passe et des meilleures…).

Mais à y regarder de plus près, le massif des Pyrénées possède lui aussi quelques pépites dont la notoriété n’est plus à faire et dont le nom a depuis fort longtemps dépasser nos frontières. Prenez par exemple le Pic du Midi, il voit défiler chaque année des milliers de visiteurs, tout comme les cols légendaires (Tourmalet, Aspin, Aubisque, Marie Blanque, Peyresourde, Portet d’Aspet) qui tiennent la dragée haute au Galibier, Iseran et autre Izoard situés dans les Alpes…

Conclusion : S’il est vrai que les stations de ski des Pyrénées ne bénéficient pas de la même notoriété à l’étranger (exception faite du marché espagnol) que leurs consœurs alpines, elles peuvent néanmoins s’appuyer sur quelques très hauts lieux touristiques pour assurer leur promotion.

 

#4 : Le ski dans les Pyrénées, c’est trop cher


Sans doute l’affirmation qui revient le plus souvent dans l’opinion et qui mérite d’être démontrée ou au contraire démentie.

Si un simple comparatif des prix des forfaits de ski, rapportés au nombre de kilomètres de piste de chaque station tend effectivement à étayer l’idée selon laquelle skier coute plus cher dans les Pyrénées que dans les Alpes, il est cependant important de prendre en compte d’autres critères tels que le coût de l’hébergement, celui de la location de matériel, celui de la restauration… et une fois l’ensemble de ces coûts mis bout à bout, on se rend finalement compte qu’un séjour au ski d’une semaine dans les Pyrénées ne revient pas plus cher que dans les Alpes (à station équivalente). En effet, si le forfait est légèrement plus cher dans les Pyrénées, l’hébergement, la location de matériel et la restauration y sont généralement plus abordable que dans les Alpes.

Conclusion : Affirmer que la pratique du ski coute plus cher dans les Pyrénées que dans les Alpes est inexact. Si le ski à la journée (achat simple du forfait de ski) est effectivement plus onéreux, en revanche s’offrir une semaine de ski à Cauterets ou à Font Romeu vous reviendra moins cher que le même séjour réserver à Montgenèvre ou à Châtel…

 

#5 : Les stations de ski des Pyrénées manquent d’authenticité


Si certains recherchent avant tout de grands domaines skiables, bon nombre d’entre nous fuient les barres de béton et attachent une importance particulière à l’architecture traditionnelle des stations ainsi qu’à leur cadre environnemental. Le manque d’authenticité, car c’est bien de cela dont il s’agit, est l’objet de notre cinquième idée reçue à propos des stations de ski des Pyrénées.

En la matière, il est effectivement difficile de rivaliser avec des destinations alpines telles que le Grand-Bornand, Saint Véran ou bien encore Bonneval sur Arc, véritables stations-villages implantées au cœur de paysages grandioses et majestueux et dans lesquelles vous pouvez encore découvrir les chaleureuses traditions montagnardes. Mais les Pyrénées ne sont pas en reste et disposent également de quelques stations remarquables à l’image de Gavarnie qui se situe à cheval entre les villages authentiques de Gavarnie et de Gèdre à proximité du cirque montagneux qui porte le même nom. Ce dernier est lui-même classé au patrimoine mondial de l'UNESCO pour la beauté de ses paysages et son patrimoine culturel : on ne peut donc que l'inclure dans la liste des plus belles stations de ski de France…

Conclusion : En terme d’authenticité, dans les Pyrénées, comme ailleurs, on trouve le meilleur comme le pire…

 

#6 : Dans les Pyrénées, les remontées mécaniques sont vieillissantes et peut performantes


On entend souvent dire que les stations es Pyrénées on « un train de retard » en matière d’équipement et que leur parc de remontées mécaniques est vieillissant et peut performant en terme de débit. Est-ce un mythe ou une réalité ?

Nous nous sommes procuré l’étude comparative annuelle du ministère référant en la matière, le STRMTG (Service Technique des Remontées Mécaniques et des Transports Guidés). Cette dernière compile année après année l’évolution des parcs des remontées mécaniques dans chaque station afin d’établir de façon régulière un état des lieux massif par massif.

Il ressort de cette étude que le parc des remontées mécaniques des Pyrénées, se constitue de
- 31 téléskis, âgés en moyenne de 29 ans (contre 28 ans dans les Alpes)
- 11 téléskis à enrouleurs, âgés en moyenne de 15 ans (contre 13 ans dans les Alpes)
- 20 télésièges à pinces fixes 2 places, âgés en moyenne de 35 ans (contre 33 ans dans les Alpes)
- 12 télésièges à pinces fixes 3 places, âgés en moyenne de 27 ans (contre 30 ans dans les Alpes)
- 48 télésièges à pinces fixes 4 places, âgés en moyenne de 15 ans (contre 16 ans dans les Alpes)
- 1 télésiège à pinces fixes 6 places, âgé de 6 ans (contre 12 ans dans les Alpes)
- 6 télésièges débrayable 4 places, âgés en moyenne de 15 ans (contre 19 ans dans les Alpes)
- 21 télésièges débrayable 6 places, âgés en moyenne de 9 ans (contre 7 ans dans les Alpes)
- 2 télécabines débrayables 8 places, âgées en moyenne de 12 ans (contre 8 ans dans les Alpes)
- 3 télécabines débrayables 10/12 places, âgées en moyenne de 4 ans (contre 20 ans dans les Alpes)
- 2 télécabines débrayables de plus de 15 places, âgées en moyenne de 12 ans (contre 17 ans dans les Alpes)

Au bout du compte, l'âge pondéré pour l'ensemble du parc des téléphériques du massif des Pyrénées est exactement le même que celui des installations des Alpes à savoir 19 ans.

A titre d’information, celui des installations du Jura est de 21 ans. Suivent ensuite les Vosges (23 ans) et enfin le Massif Central (25 ans).

Conclusion : Il est totalement faux de penser que le parc de remontées mécaniques des Pyrénées est obsolète, dépassé ou même plus vieux que celui des Alpes. Il est par contre vrai que les grandes stations des Alpes sont souvent précurseurs (on y trouve par exemple des Télémix depuis plusieurs années déjà alors que les stations des Pyrénées n’en sont encore pas pourvues)

 

#7 : Les bons skieurs s’ennuient dans les Pyrénées (manque de dénivelé)


Une fois encore, c’est une question de courses aux chiffres. Mis à part quelques rideurs dont c’est quasiment le métier, qui a véritablement « besoin » d’enchainer des runs sur plus de 1500 mètres de dénivelés ? Tout comme vous, je me contente volontiers de 800 à 1000 mètres et du coup, vous comme moi, nous pouvons également trouver notre bonheur dans les Pyrénées.

A titre d’exemples, Piau Engaly, le Grand Tourmalet, Gourette, Ax 3 Domaines offrent plus de 1000 mètres de dénivelé (soit plus que Flaine, Chamrousse ou Les Saisies...) !

Conclusion : Si vous êtes un surhomme ayant besoin d’enchainer les virages entre 3500 et 1000 mètres d’altitude, passez votre chemin ! En revanche si vous êtes un skieur « lambda », pas d’inquiétude, dans les Pyrénées aussi on trouve de hauts sommets et donc de beaux dénivelés à arpenter skis aux pieds !

 

#8 : Les possibilités de hors-piste sont limitées


Les pentes du Pic du Midi, l’’envers de Piau, le secteur de Bernazou à Luz Ardiden ça vous parle ? Non, et pourtant voilà trois itinéraires hors-pistes (parmi d’autres) qui n’ont rien à envier aux plus beaux spots des Alpes…

Pentes engagées ou plus douces, terrain accidentés ou vallonné, sol rocailleux ou végétal, combes ou crêtes, couloirs, saut de barres… le terrain de jeu des amateurs de hors-piste des Pyrénées est tout aussi varié que celui des aficionados de la peuf des Alpes. Seule vraie différence : l’absence d’arbres.

Conclusion : Pas de doute, la chaîne des Pyrénées offrent un très beau terrain d’expression à tous les freerideurs.

 

#9 : Rien ne vaut la gastronomie des Alpes pour apporter la touche finale à son séjour au ski


Comment passer à côté, comment ne pas, une fois au moins durant son séjour au ski, succomber à l’appel de la traditionnelle fondue ou de la non moins célèbre raclette ? Rassurez-vous, voilà deux plats montagnards que vous pourrez évidement déguster dans tous les restaurants des stations de ski des Pyrénées mais de grâce, ne vous arrêtez pas là… Osez découvrir la richesse culinaire largement influencée par le sud-ouest (canard, foie gras…) et par l’Espagne toute proche, et à l’identité si forte. Ne partez pas sans avoir gouter à la Garbure, au mouton AOC Barèges-Gavarnie, au porc noir de Bigorre ou bien encore à la Tartitoye…

Conclusion : Sur ce point là encore, les Pyrénées s’en tirent haut la main en proposant une richesse culinaire remarquable.

 

#10 : Dans les Pyrénées, l’offre d’activités après-ski est trop restreinte par rapport aux Alpes


A moins que vous ne cherchiez une activité farfelue unique en France et proposée uniquement 3 jours par an sous réserves de conditions favorables, les stations de ski des Pyrénées sauront répondre à vos attentes. Les grands classiques de la montagne (balades en raquettes à neige, chiens de traineaux, motoneige…) sont évidemment proposés de même que les activités de détente et de bien-être (centres aqualudiques, balnéo, spa…), d’initiation (ski de rando, biathlon, mushing, fatbike…), de découverte et de partage d’expériences (ouverture des pistes avec les pisteurs, visite des usines à neige…), d’insolite (soirée trappeur avec nuit sous igloo, nuit étoilée au sommet du Pic du Midi…).

Conclusion : Dans les Pyrénées aussi, petits ou grands, en journée comme en fin d’après-midi vous aurez tout loisir de peaufiner votre bronzage y compris si vous n’êtes pas skieur… Les activités ne manquent pas ! Seule vraie différences avec les Alpes, la vie nocturne est ici nettement plus « sage » et calme…

 

#11 : Les services ne sont pas à la hauteur


Un séjour au ski réussi nécessite une certaine organisation et le recourt à de nombreux services : garderie pour le petit dernier, école de ski pour le plus grand, resto d’altitude pour la pause déjeuner, navettes pour se déplacer, accompagnateurs pour une éventuelle balade thématique…

Au ski, en couple, en famille ou entre amis, on a tous l’obsession de gagner du temps (ou tout du moins on essaie de ne pas trop en perdre). Devant les billetteries au moment de prendre son forfait, dans les files d’attente au moment d’embarquer au télésiège, au comptoir du resto d’altitude… Pour nous aider dans cette « course contre la montre » (on en oublierait presque qu’on est en vacances…), force est de constater que depuis quelques années déjà les stations des Pyrénées déploient toujours plus de petits services forts appréciables : distributeurs de forfaits, possibilité d’acheter son forfait dans un ski shop, consignes accessibles en front de neige, navettes très souvent gratuites, services à la carte dans les garderie (avec ou sans repas, avec ou sans cours de ski, à l’heure ou à la journée…), accueil sur les parkings… Bref, autant de petits plus qui nous facilitent la vie et qui rende notre séjour un peu plus agréable encore.

Et cerises sur le gâteau : le petit sourire accompagné du mot sympa de la part de tout le personnel (en caisse, au départ des remontées…) pour le peu que vous ne soyez pas un ours et que vous ayez un minimum de « savoir vivre ».

Conclusion : L’accueil et la qualité des prestations/services proposés par les stations de ski des Pyrénées est semblables ceux observés dans les autres massifs. Les Pyrénéens ne sont pas plus cons que les autres, ils ont bien compris les rouages et l’importance de la « sacro-sainte » satisfaction clientèle !

 

#12 : Dans les Pyrénées, l’enneigement fait souvent défaut


Du fait de sa proximité avec l’Espagne et avec l’océan Atlantique, le massif des Pyrénées est directement (et sans doute plus fortement) sous l’influence des flux d’airs en provenance du sud. Il est donc indéniable que les coups de redoux y sont généralement plus « marquants » pour le manteau neigeux. En revanche, concernant les précipitations et les cumuls de neige sur une saison, quelques stations des Pyrénées figurent régulièrement en bonne place dans le classement des stations les plus enneigées. Cauterets et Piau Engaly se sont même payé le luxe de décrocher ce titre en 2013 et 2014…

Conclusion : Dame nature n’est pas chauvine, elle ne jette pas son dévolu sur un massif plutôt que sur un autre. Parfois les Alpes sont les plus enneigées mais quelques semaines plus tard, rien ne dit que les meilleures conditions de ski ne seront pas dans les Pyrénées…